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        <title>Tannhauser :: Forces Engagées</title>
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            <title>Chapitre 6</title>
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            <description>Opération Lampedosa Chapitre 6 (Watchman).    Port de Lampedosa, le 20.08.1948 à 10h30.     La chaleur et le calme qui régnaient au sein du carré de la vedette rapide revêtaient un aspect irréel à ses yeux. Etait-il vraiment assis aux côtés du Commandant Calhoun, à plaisanter en partageant un verre de cet excellent bourbon ? Il avait du mal à s&amp;rsquo;en persuader après les terribles épreuves que ses hommes et lui venaient de traverser. D&amp;rsquo;ailleurs, il nota que Garrett, sans doute encore englué dans les mauvais souvenirs de la nuit passée, ne goûtait pas ce moment de détente, tout affairé à nettoyer son arme comme s&amp;rsquo;il était amené à repartir au front d&amp;rsquo;un instant à l&amp;rsquo;autre.  Cependant, il ne pouvait douter de la réalité des évènements que Calhoun lui relatait. Ainsi, après avoir lâché son commando dans les eaux sombres de la Méditerranée, à quelques encablures de leur objectif, le sous-marin avait subi de graves avaries dues aux grenades sous-marines. Néanmoins, au sacrifice de la vie de plusieurs de ses hommes, le reste de son équipage avait réussi à isoler les compartiments ayant supporté des voies d&amp;rsquo;eau, maintenant ainsi la capacité submersible du Neptune et leur octroyant une chance de fuir vers des profondeurs plus clémentes.  Il n&amp;rsquo;avait eu ensuite qu&amp;rsquo;à joindre Tunis par signal radio pour confirmer l&amp;rsquo;implantation d&amp;rsquo;une force importante du Reich, voire de l&amp;rsquo;Obscura Korps, sur l&amp;rsquo;île de Lampedosa. Le Colonel Chandlers, dirigeant les opérations des MSF sur place, n&amp;rsquo;avait pas tardé à lui confirmer la mobilisation de moyens maritimes, aéroportés et terrestres pour traiter ce début de gangrène dans la « botte italienne ».  Mac Neal connaissait la suite pour avoir été le témoin privilégié de ce déferlement d&amp;rsquo;acier qui avait abouti à la reprise de la ville et sans doute, d&amp;rsquo;ici quelques heures, de l&amp;rsquo;île toute entière&amp;hellip;  - « Mon Commandant ». Un marin venait de pénétrer dans la pièce aux dimensions restreintes et tentait un salut maladroit alors que sa taille importante ne lui permettait pas de se tenir droit sous la voûte du roof. -« Qu&amp;rsquo;y a-t-il Belloff ? » lui lança Calhoun, amusé par cette position incongrue. -« Commandant, les travaux d&amp;rsquo;excavation dans les sous sols de l&amp;rsquo;église progressent rapidement. Nous avons malheureusement rencontré une légère résistance de la part de quelques Shocktruppen qui s&amp;rsquo;étaient réfugiés dans des souterrains libres de décombres. Deux de nos soldats ont péri lors de la confrontation mais nous y avons découvert un officier supérieur de l&amp;rsquo;Obscura Korps. Il est gravement blessé. Le médecin qui le traite pense néanmoins que ses chances de survie sont raisonnables. Il est transporté à votre bord pour que son extraction vers l&amp;rsquo;USS COVENTRY puisse se faire le plus rapidement possible. Des huiles&amp;hellip;,euh, des responsables l&amp;rsquo;attendent impatiemment là-bas pour le débriefer. » -« Merci Belloff. Avertissez-moi lorsque notre hôte arrivera ».  En écho à ces dernières nouvelles, le capitaine Mac Neal ne put s&amp;rsquo;empêcher d&amp;rsquo;interpeller Calhoun.  -« Qu&amp;rsquo;en est-il du navire dans les cales duquel la statue du démon a été chargée ? A-t-il réussi à fuir ? ». - « Non, ou bien d&amp;rsquo;une manière tout à fait particulière. En fait, mise à part quelques rares chalutiers qui ont pu passer à travers les mailles du filet, aucune embarcation d&amp;rsquo;importance n&amp;rsquo;a pu sortir du périmètre que nos forces quadrillaient. Le rafiot dont tu parles repose actuellement au fond d&amp;rsquo;une anfractuosité rocheuse dans la baie qui nous fait face. Et ce n&amp;rsquo;est pas le fait de notre artillerie, crois-moi ! A quelques miles du port, ce « bateau amiral » à brusquement changé de cap pour exploser peu après. Nous ignorons comment cela s&amp;rsquo;est fait mais en tout cas, il s&amp;rsquo;agit clairement d&amp;rsquo;un sabotage destiné à empêcher la récupération de cette étrange chose. L&amp;rsquo;unité a sombré précisément au dessus d&amp;rsquo;une faille et les travaux de renflouement sont rendus quasiment impossibles par la configuration des lieux&amp;hellip; ».  *********  L&amp;rsquo;Oberst Von Gelstaff reposait sur une couchette cercueil dans la cabine arrière de la vedette. Sa respiration sifflante, ses gestes anémiés et ses traits tirés illustraient bien son état général médiocre. Le Docteur Mac Carthy s&amp;rsquo;affairait à ses côtés pour assurer l&amp;rsquo;intraveineuse posée quelques minutes plus tôt. La morphine permettrait sans doute au blessé de résister quelques temps à l&amp;rsquo;inconscience mais il ne doutait pas que la perte de sang et le traumatisme subis auraient rapidement raison de la flammèche de vie qui teintait encore légèrement le gras des joues de cet abject personnage.  Accoudé à l&amp;rsquo;entrée de l&amp;rsquo;étroit espace, Mac Neal observait avec attention celui qu&amp;rsquo;il pensait avoir laissé mort après leur dernière rencontre. Il ne savait pas s&amp;rsquo;il devait se réjouir de ce nouvel imprévu mais il ne doutait pas que ses supérieurs jugeraient sa capture inespérée comme l&amp;rsquo;ultime succès de cette mission extrême. Il tourna les talons et remonta sur le pont où Garrett, toujours silencieux, surveillait l&amp;rsquo;appareillage. A ses côtés, dans un body bag noir, reposait la dépouille de Kowalsky dont certains des restes avaient été découverts lors de la fouille des galeries templières.   Accroupi devant le sac, le caporal détaillait les inscriptions de la plaque militaire de son compagnon mort. Apercevant John, il releva la tête et, d&amp;rsquo;un signe, lui fit comprendre que Stevens n&amp;rsquo;avait toujours pas été localisé.  -« John, c&amp;rsquo;en est fini des Quatre de l&amp;rsquo;Apocalypse. La Mort, notre vieille maîtresse, a lancé quelques invitations et je crois que cette fois-ci, les autres y ont répondu. L&amp;rsquo;important, c&amp;rsquo;est qu&amp;rsquo;ils aient fait du bon boulot avant de partir et puis, la guerre n&amp;rsquo;est pas finie&amp;hellip;j&amp;rsquo;aurai sans doute l&amp;rsquo;occasion de les retrouver un jour ou l&amp;rsquo;autre ! ».  John MacNeal gardant le silence, serra le bastingage métallique comme s&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;était agi du cou d&amp;rsquo;Eva Krämer.     Baie de Lampedosa, le 20.08.1948 à 13 h      La mer commençait à se former et une légère houle venait frapper l&amp;rsquo;étrave de la petite embarcation grise de l&amp;rsquo;Union qui glissait sur les flots aux reflets mordorés. Une fois le parapet du dernier enrochement dépassé, on pouvait apercevoir à l&amp;rsquo;horizon les silhouettes immenses des divers navires du dispositif « Red Dawn ». Ainsi, pas moins de quatre vaisseaux de classe III dont un cuirassé avaient été déployés sur l&amp;rsquo;opération, sans compter tous les bâtiments secondaires destinés à l&amp;rsquo;intendance de la petite flotte.  Ce fameux cuirassé n&amp;rsquo;était autre que l&amp;rsquo;USS COVENTRY. Surgissant par moments des volutes montantes de la brume marine du milieu de journée, les multiples excroissances, les nombreuses tourelles et autres fûts de canon renforçaient l&amp;rsquo;aspect primitif et animal de cette construction titanesque.  Alors que la vedette s&amp;rsquo;approchait doucement de la coque, une échelle de coupée battant mollement le flan du monstre apparut à MacNeal. Les gestes exercés et la man&amp;oelig;uvre mille fois répétée, l&amp;rsquo;équipage parvint sans difficulté à se positionner à la verticale de l&amp;rsquo;accès précaire. Deux infirmiers porteurs d&amp;rsquo;un brancard apparurent immédiatement, réclamant de pouvoir accéder au corps de Von Gelstaff. Une fois celui-ci attelé à la litière de cuir, les porteurs le saisirent sans aménité, ses maigres gémissements rappelant qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;accrochait encore à la vie.  Calhoun invita John MacNeal à les suivre afin de retrouver leurs hôtes à bord, avides d&amp;rsquo;entendre le détail de ses exploits. A peine la dernière marche franchie, le capitaine vit apparaître un aréopage d&amp;rsquo;uniformes blancs impeccables portant plus de galons qu&amp;rsquo;il ne pensait en voir réunis en un même lieu. Des mains se tendaient vers lui ou s&amp;rsquo;abattaient en franche accolade sur son dos fourbu, des sourires parfaits lui donnaient l&amp;rsquo;impression d&amp;rsquo;être devenu le meilleur ami de tous ces inconnus.  Une fois l&amp;rsquo;effervescence de son triomphe retombée, le capitaine Mac Neal fut immédiatement convié à participer à une réunion d&amp;rsquo;état major, sous la direction du colonel Chandlers lui-même et du vice-amiral Henriksen.  Dès son arrivée, on le dirigea vers le pupitre central où, sous le regard scrutateur d&amp;rsquo;une dizaine de militaires de haut rang et de G-MEN, il dut faire le récit, par le menu, des actions menées depuis son largage jusqu&amp;rsquo;à sa récupération. Lorsque le silence retomba, quelques minutes s&amp;rsquo;écoulèrent avant que le colonel Chandlers ne se lève pour le rejoindre. Observant son auditoire, il nota que plusieurs spectateurs complétaient des notes tirées de son rapport, son allocution ayant même fait l&amp;rsquo;objet d&amp;rsquo;un enregistrement.  -« John, vous dire à quel point je suis personnellement satisfait de vous revoir est inutile. Vous avez, une fois de plus, rempli le contrat&amp;hellip;mais cette fois-ci, vous avez dépassé nos espérances. Votre mission est un franc succès. Non seulement votre intervention a permis de révéler la présence de nos adversaires au sein de notre protectorat méditerranéen mais en plus, vos actions de diversion ont totalement désorganisé les troupes ennemies positionnées dans la ville. »  Fatigué par ces figures de style totalement étrangères à la réalité de la guerre, MacNeal coupa son supérieur.  -« Colonel, sauf votre respect, je ne suis pas seul à avoir agi sur place et malheureusement, trois des commandos qui ont participé sont morts au combat. Je voudrais&amp;hellip; ».  Chandlers, parfaitement indifférent à cette remarque, continua.  -« John, vous êtes un soldat, eux l&amp;rsquo;étaient également. Ils auront bien évidemment droit à tous les égards que l&amp;rsquo;Union porte à ses morts mais aujourd&amp;rsquo;hui, c&amp;rsquo;est à l&amp;rsquo;officier que vous êtes que je m&amp;rsquo;adresse&amp;hellip; Je disais donc que non content d&amp;rsquo;avoir épargné des moyens matériels et de nombreuses vies en laissant croire aux forces du Kaiser que nous les prenions en étau, vous nous avez offert un Oberst, en mission pour le Marquis Général Von Heizinger de la 13ème Division Occulte. »   Discrètement abordé par le Lieutenant Finley, son ordonnance, le colonel opina lentement en enregistrant les quelques mots qui lui étaient glissé à l&amp;rsquo;oreille.  -« Messieurs, j&amp;rsquo;ai le plaisir de vous annoncer que l&amp;rsquo;île de Lampedosa n&amp;rsquo;est plus un avant poste du Reich depuis 13h15, heure à laquelle nos Delta ont nettoyé le dernier nid de résistance, au nord est de la piste d&amp;rsquo;atterrissage que ces vermines de l&amp;rsquo;Obscura avaient fait construire à notre insu ces dernières semaines. L&amp;rsquo;opération Lampedosa signe une victoire totale de nos forces sur l&amp;rsquo;ennemi ! ».  Légèrement renfoncé dans son siège, John Mac Neal repassait ces quelques mots dans sa tête « Marquis Général », « 13ème Division Occulte » et il comprenait mieux maintenant pourquoi quelqu&amp;rsquo;un de la trempe d&amp;rsquo;Eva Krämer avait pu être associé à ce projet. Il était tout de même curieux d&amp;rsquo;en apprendre plus sur ce qui s&amp;rsquo;était tramé là-bas. Sans doute parviendrait-il à aller poser quelques questions à Von Gelstaff si&amp;hellip;  - « En tout cas capitaine MacNeal, sachez qu&amp;rsquo;un télégramme est d&amp;rsquo;ores et déjà parti pour Washington. Je tiens à ce que vous soyez mis sur les rangs pour recevoir la Medal of Honor cette année ».  John MacNeal se leva, salua sobrement cette annonce d&amp;rsquo;un salut réglementaire avant de demander s&amp;rsquo;il pouvait se retirer pour prendre quelque repos. Sa demande acceptée, il quitta la salle de commandement sous les applaudissements et déambula dans d&amp;rsquo;interminables coursives jusqu&amp;rsquo;à ce qu&amp;rsquo;un officier marinier lui indique la localisation de sa cabine. Celle-ci s&amp;rsquo;ouvrait sur un court passage desservant deux couchettes rudimentaires. Il avisa celle qui semblait libre de tous effets personnels et s&amp;rsquo;effondra dessus, heureux de pouvoir enfin dormir plus que de quelques heures.     USS COVENTRY, le 20.08.1948 à 22 heures 30.      Lorsque l&amp;rsquo;on frappa à sa porte, Mac Neal était en train de se raser devant le petit miroir accroché au dos de la porte du modeste placard qui lui était réservé.  -« Entrez. »  La porte s&amp;rsquo;ouvrit sur la silhouette dégingandée du Lieutenant Finley.  -« Capitaine, le colonel Chandlers souhaiterait s&amp;rsquo;entretenir personnellement avec vous ».  Délaissant son rasoir, le capitaine MacNeal essuya le reste de mousse qui recouvrait son visage du revers de sa manche et revêtit une veste d&amp;rsquo;uniforme déposée sur un cintre. Après avoir quitté le niveau où il séjournait, il suivit son guide vers le pont supérieur, se demandant si Chandlers allait recommencer son discours lénifiant sur ses prétendus « exploits » ou bien s&amp;rsquo;il souhaitait plutôt lui passer un savon pour avoir fait mine de défaitisme face à tant de pontes.  La cabine, si on pouvait encore appeler ainsi le vaste espace qui servait de salon au commodore de la flottille, était un vrai joyau avec ses murs lambrissés, ses meubles ouvragés et ses tapis épais. Trois fauteuils avaient été disposés au milieu de la pièce et deux d&amp;rsquo;entre eux accueillaient déjà le colonel et le vice-amiral Henriksen. Le visage des deux hommes n&amp;rsquo;avait plus l&amp;rsquo;aspect avenant du début d&amp;rsquo;après-midi et la qualité, toute relative, de leur accueil vint confirmer l&amp;rsquo;impression de malaise.  Henriksen l&amp;rsquo;interpella.  -« MacNeal, nous sommes dans une situation délicate et vous êtes sans doute à même d&amp;rsquo;intervenir à notre profit. Je&amp;hellip; ».  Le colonel Chandlers se leva avec une certaine précipitation et coupa son homologue.  -« En fait, Von Gelstaff reste parfaitement muet. Son état se dégrade rapidement et malgré les trésors d&amp;rsquo;ingéniosité de nos médecins, nous risquons de le perdre d&amp;rsquo;un instant à l&amp;rsquo;autre. Mis à part les deux ou trois choses que j&amp;rsquo;ai annoncé tout à l&amp;rsquo;heure, nous ne sommes pas plus avancés sur les motifs de sa venue où sur les plans de son supérieur. »  Le Vice-amiral, quelque peu irrité par les manières brusques du représentant du Special Marines Corps, reprit la parole.  -« Cependant, il y a une quinzaine de minutes, un homme des renseignements militaires qui essayait de le faire parler, a évoqué le nom de la Bludstrum Division et il lui a semblé que l&amp;rsquo;allemand avait eu une réaction particulière à ce moment là. Vous avez déjà eu affaire aux enquêtrices qui la composent. Tâchez d&amp;rsquo;utiliser ce que vous en savez pour faire pression sur lui&amp;hellip;il DOIT livrer ses secrets. »  ************************  L&amp;rsquo;hôpital du navire pouvait sans peine faire pâlir nombre de ces postes de soins que MacNeal avait pu fréquenter ces dernières années. Des alignements de lits aux draps frais et propres, du matériel médical rutilant et des infirmières afférées autour des blessés fraîchement embarqués. Un peu plus loin, une série de chambres particulières laissait penser à un quartier VIP. C&amp;rsquo;est là que Von Gelstaff était gardé. Devant sa porte, deux hommes en costume cravate assuraient une surveillance acérée sur les personnes circulant à proximité de leur zone de protection. Ils laissèrent cependant passer le capitaine MacNeal sans hésitation lorsqu&amp;rsquo;il se présenta à eux.  A l&amp;rsquo;intérieur, à l&amp;rsquo;exception d&amp;rsquo;un lit médicalisé, la pièce était vide. Assise aux côtés de Von Gelstaff, se trouvait une femme entre deux âges, serrée dans un uniforme de sergent un peu trop étroit pour ses rondeurs. Au fond, en train de préparer des soins, la silhouette élancée d&amp;rsquo;une infirmière se devinait à travers un rideau.   -« Sergent Brenda Werker, Capitaine. Je suis traductrice et j&amp;rsquo;ai été mise à votre disposition pour entrer en relation avec l&amp;rsquo;Oberst Von Gelstaff ».  John MacNeal n&amp;rsquo;avait pas eu le temps d&amp;rsquo;ouvrir la bouche, que le sergent Werker s&amp;rsquo;était mise au garde à vous, attendant ses instructions pour débuter la transcription de leur conversation.  L&amp;rsquo;homme dans le lit, d&amp;rsquo;un bref regard, remarqua l&amp;rsquo;arrivée de ce nouveau visiteur et essaya de dessiner une grimace sur ses lèvres desséchées, sans y parvenir. MacNeal s&amp;rsquo;approcha de lui, détaillant toutes les meurtrissures subies par son corps flasque et s&amp;rsquo;amusant à imaginer ce qu&amp;rsquo;il pourrait tenter pour y ajouter une pointe de douleur.  -« Demandez donc à notre éminent invité pourquoi l&amp;rsquo;investigatrice Krämer travaillait à ses côtés dans les souterrains de Saint Marie de Lampadouse. »  -« Mais il vous suffit de demander directement à l&amp;rsquo;intéressée, très cher ! »  Se retournant d&amp;rsquo;un geste vif, le capitaine MacNeal eut un hoquet de surprise en reconnaissant les traits sublimes de cette infirmière dont il avait ignoré la présence quelques minutes plus tôt. Eva Krämer, gainée dans une blouse blanche toute dédiée à souligner ses formes parfaites, tenait négligemment le sergent Werker d&amp;rsquo;un bras passé sous sa gorge, tandis que de l&amp;rsquo;autre main, elle terminait d&amp;rsquo;injecter le contenu coloré d&amp;rsquo;une seringue dans sa jugulaire saillante.  La femme replète glissa au sol sans un mot, son visage cyanosé trahissant la venimosité fulgurante du poison qu&amp;rsquo;on venait vraisemblablement de lui injecter. En voyant cette nouvelle victime happée gratuitement par la mort, John Mac Neal sentit une immense vague de haine le recouvrir. Les contours de son champ de vision devinrent flous, seule subsistant l&amp;rsquo;image du bourreau angélique qui lui faisait face.  Dans un cri rageur, John Mac Neal se précipita sur Eva Krämer qui put profiter de cette attaque brutale pour esquiver souplement son adversaire et venir ainsi se positionner aux abords du lit. Des éclats de voix, des bruits sourds contre la porte confirmaient que les molosses qui gardaient l&amp;rsquo;endroit avaient perçu la difficulté, sans pour autant parvenir à violer l&amp;rsquo;accès prévu pour résister aux assauts&amp;hellip;des patients.  -« John, je ne suis pas venue pour vous, même si je ne doute pas que mes employeurs seraient ravis d&amp;rsquo;apprendre que je ramène votre tête en plus de celle de Von Gelstaff. Soyez raisonnable et calmez-vous&amp;hellip; ».  Accompagnant d&amp;rsquo;un geste sa demande, l&amp;rsquo;investigatrice sortit d&amp;rsquo;une de ses poches un scalpel qu&amp;rsquo;elle passa d&amp;rsquo;un geste précis à travers l&amp;rsquo;&amp;oelig;il droit du blessé allongé à ses côtés. Von Gelstaff s&amp;rsquo;agita de brefs soubresauts pendant qu&amp;rsquo;un mélange d&amp;rsquo;humeur vitrée et de sang se répandait sur son visage encore marqué par la surprise. Un instant plus tard, il s&amp;rsquo;éteignit dans un râle bref et discret.  Alors que l&amp;rsquo;investigatrice s&amp;rsquo;assurait du décès de sa cible, Mac Neal profita de cette seconde d&amp;rsquo;inattention pour se saisir du rebord du lit et le propulser sur elle. Surprise, déséquilibrée par un réflexe de recul, Eva Krämer ne parvint pas à éviter complètement le meuble qui lui recouvrit les jambes, la faisant choir lourdement au sol.  Furieuse d&amp;rsquo;avoir été piégée et s&amp;rsquo;obstinant à libérer son corps entravé, elle ne put éviter le poing lancé vers son plexus. Le bruit sourd de l&amp;rsquo;impact ne lui laissa aucun doute : plusieurs côtes brisées, certaines esquilles d&amp;rsquo;os pénétrant des organes et provoquant hémorragies ou lésions.  Nauséeuse, le souffle coupé, Eva Krämer ne parvenait plus à se concentrer suffisamment pour faire refluer la terrifiante douleur qui enflait dans son abdomen. Au dessus d&amp;rsquo;elle, MacNeal l&amp;rsquo;observait avec férocité.  -« Ma belle, ce que j&amp;rsquo;ai appris au régiment, je l&amp;rsquo;ai exercé sur des gaillards de plus de cent kilos et dieu sait s&amp;rsquo;ils étaient résistants. Mais j&amp;rsquo;ai maintenant hâte d&amp;rsquo;essayer quelques techniques sur toi, pour voir si tes frêles courbes ont la même endurance. ».  Se penchant vers sa proie, le Capitaine la saisit par les cheveux avant de la traîner au sol sur plusieurs mètres. Il entendait les voix de plusieurs personnes l&amp;rsquo;interpeller depuis l&amp;rsquo;extérieur, lui demandant d&amp;rsquo;ouvrir la porte, mais cela lui était indifférent : il avait un compte personnel à régler !  La porte du petit cabinet de toilettes s&amp;rsquo;ouvrit à la volée et MacNeal projeta l&amp;rsquo;investigatrice contre la faïence du lavabo. Un cri indistinct sortit de le gorge de l&amp;rsquo;allemande alors qu&amp;rsquo;elle tentait de se relever, chancelante. A peine eut-elle le temps de reposer un regard sur son ennemi, que celui-ci lui adressait un enchaînement d&amp;rsquo;uppercuts et de crochets sur le bas du visage et les bras, dressés dans un geste vain de protection.  John MacNeal arrêta de porter des coups lorsqu&amp;rsquo;il prit conscience que le visage d&amp;rsquo;Eva Krämer, se déformant sous l&amp;rsquo;effet des coups, ne réagissait plus. Sans doute avait-elle sombré dans l&amp;rsquo;inconscience mais il estimait qu&amp;rsquo;il était trop tôt pour qu&amp;rsquo;elle échappe à la souffrance. Ouvrant largement le robinet, il remplit la cuvette d&amp;rsquo;eau avant d&amp;rsquo;y plonger brutalement la tête de la jeune femme.  Inerte malgré la morsure de l&amp;rsquo;eau glacée, elle ne semblait pas vouloir revenir pour subir le plat de résistance...Un, puis deux coups de feu retentirent non loin de lui. Des bruits de pas précipités et des ombres se dessinant dans son dos.  -« Capitaine, que se passe-t-il ? Est-ce que vous allez bien ? ».  Non ! Il ne pouvait pas imaginer une seconde qu&amp;rsquo;elle lui échappe à nouveau, sous couvert d&amp;rsquo;intérêts stratégiques supérieurs. Personne n&amp;rsquo;usurperait sa vengeance. Il avisa le hublot, en dévissa les boulons papillon qui assurait sa fermeture et se retourna pour harponner une dernière fois le corps de celle qu&amp;rsquo;il haïssait tant. A ce moment, il releva la présence d&amp;rsquo;un soldat à l&amp;rsquo;entrée du réduit, qui le fixait avec incompréhension.  -« Capitaine, que faites-vous ? ».  Plongeant fixement son regard fiévreux dans celui du nouveau venu, MacNeal fit venir à lui l&amp;rsquo;investigatrice avant de la soulever vers l&amp;rsquo;ouverture qui laissait entrer la brise fraîche de cette soirée orageuse.  -« Caporal, nous sommes tous les deux témoins de ce que cette femme, dans un élan désespéré, a tenté de fuir par l&amp;rsquo;accès qui est derrière moi. J&amp;rsquo;aurais bien tenté de l&amp;rsquo;en empêcher mais je n&amp;rsquo;y suis pas parvenu&amp;hellip; ».  Un instant plus tard, les cheveux d&amp;rsquo;or d&amp;rsquo;Eva Krämer disparaissaient dans la nuit sans même qu&amp;rsquo;un son ne vienne confirmer le terme de sa chute.  *********************  Cette fois-ci, John MacNeal n&amp;rsquo;eut pas droit au traitement d&amp;rsquo;un élément de marque. Chandlers le fit venir dans la Command Room où il avait été débriefé à son arrivée. L&amp;rsquo;y attendaient le colonel et quelques autres ronds de cuir, visiblement agacés par ses dernières explications.  -« MacNeal, autant dire que je ne suis absolument pas convaincu par votre version des faits. Le Caporal Hovenfield reste, quant à lui, totalement taisant, preuve qu&amp;rsquo;il est tiraillé entre sa loyauté envers ses supérieurs et celle qu&amp;rsquo;il pense vous devoir&amp;hellip; ».  Un homme sans âge, le visage dissimulé derrière les volutes de fumée de sa cigarette, avança d&amp;rsquo;un pas.  -« Nous ne pouvons nier qu&amp;rsquo;une brèche gravissime dans la sécurité du bord a permis à ce membre de la Bludstrum Division de s&amp;rsquo;infiltrer. Les responsabilités seront déterminées et les sanctions prises. Le coût à supporter pour ces erreurs est inestimable. Ce n&amp;rsquo;est pas votre fait MacNeal&amp;hellip;mais comment expliquer que dans les conditions de votre confrontation avec l&amp;rsquo;investigatrice Krämer, vous ayez pu la laisser disparaître dans des circonstances aussi rocambolesques. »  John MacNeal, le regard lointain, avisa une à une les personnes présentes.  -« Tout a déjà été dit. Eva Krämer n&amp;rsquo;est plus&amp;hellip;et le Reich vient de perdre deux sbires d&amp;rsquo;importance, sans compter la disparition de la statue du démon. Pour le reste, gardez vos atermoiements pour des oreilles moins fatiguées que les miennes !»      WASHINGTON, Maison Blanche, Salon Abraham Lincoln, le 9.01.1949 à 14 heures.     Parfaitement apprêté dans un uniforme de cérémonie flambant neuf au col amidonné, le Capitaine John MacNeal comptait les fleurs de lys ornant les frises de cette immense salle de réception où il se trouvait depuis déjà plus de trois heures. Informé quelques semaines plus tôt que son insubordination et son insolence risquaient de lui coûter une promotion méritée, il avait été fort surpris d&amp;rsquo;apprendre qu&amp;rsquo;il avait finalement été retenu par le Président Edison pour recevoir la Medal Of Honor remise chaque année à l&amp;rsquo;officier de l&amp;rsquo;Union, toutes armes confondues, qui s&amp;rsquo;était montré le plus héroïque lors d&amp;rsquo;un fait d&amp;rsquo;armes majeur.  Néanmoins, il avait été rattrapé par ses propos excessifs car, pour une raison qu&amp;rsquo;il ignorait, on lui avait précisé que contrairement aux années précédentes, la cérémonie de remise de cette décoration serait réduite à sa plus simple expression, ne pouvant être tenue par le Président, empêché pour diverses raisons. Il ne doutait pas un instant qu&amp;rsquo;en fait, son staff l&amp;rsquo;avait convaincu qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;était pas politiquement utile de faire de la publicité à un personnage aussi controversé.  En fait de public, il n&amp;rsquo;avait comme spectateurs que des chaises vides et il se plaisait à recenser ceux qui auraient pu venir s&amp;rsquo;y asseoir si les évènements avaient pris une autre tournure. Assez peu en fait !  Une porte s&amp;rsquo;ouvrit et John MacNeal eut la surprise d&amp;rsquo;y voir apparaître le commandant Calhoun, ainsi que le cap&amp;hellip;non, le sergent Stevens, tous deux revêtus de leurs atours les plus solennels. Quelques pas derrière eux, précédant un groupe de quatre gardes du corps austères, le Président Edison apparut. L&amp;rsquo;homme, dont on savait qu&amp;rsquo;il était plus que centenaire, affichait une belle taille et de longs cheveux blancs. Ses traits nobles et sereins, son regard acéré, sa démarche ample et sa gestuelle raffinée finissaient de conférer au personnage cette aura de légende qui l&amp;rsquo;entourait depuis de longues années.  Il fit quelques pas, s&amp;rsquo;arrêta devant l&amp;rsquo;officier et baissa son visage vers lui.  -« Voici donc l&amp;rsquo;indomptable capitaine John MacNeal. J&amp;rsquo;avoue que vos exploits m&amp;rsquo;ont moins impressionné que votre liberté de ton vis-à-vis de vos supérieurs. J&amp;rsquo;aime lorsqu&amp;rsquo;un homme reste libre de ses choix même face à la pire des adversités : l&amp;rsquo;autorité hiérarchique. »  Laissant éclater un rire franc et sonore, le Président Edison se retourna vers Calhoun pour lui porter une accolade complice.  -« Je ne vous cache pas que votre candidature n&amp;rsquo;avait que peu de chance de prospérer mais j&amp;rsquo;estime que pour tous les combattants de nos forces, vous représentez bien plus un exemple que ces cadets sortis de West Point qui ne connaîtront jamais le nom de leurs hommes. Enfin&amp;hellip; Sergent Stevens approchez ! »  Portant un coussin de velours ocre sur lequel reposait la médaille tant convoitée, le vieux Delta, sentencieux, se positionna aux côtés d&amp;rsquo;Edison.  -« Récipiendaire : John MacNeal. Grade : Capitaine. Affecté au commandement opérationnel du 42ème Marine Special Forces à Tunis ».  Se saisissant de l&amp;rsquo;objet, le Président l&amp;rsquo;observa un instant avant de le placer sur la poitrine de MacNeal, ému par l&amp;rsquo;intensité du moment.  -« Vous voici donc promu Officier de l&amp;rsquo;Année 1948, Capitaine MacNeal. Un grand jour pour vous mais surtout, un grand jour pour l&amp;rsquo;Union. »     THE END       Pour naviguer dans l'histoire suivez ces liens : - Chapitre 1 - Chapitre 2 - Chapitre 3 - Chapitre 4 - Chapitre 5 </description>
            <author>Tannhauser</author>
            <pubDate>Mon, 19 May 2008 13:15:00 +0100</pubDate>
        </item>
        <item>
            <title>Chapitre 3</title>
            <link>http://tannhauser-thegame.com/ixm_ixpforces.php?file=article&amp;story_id=44</link>
            <description>Voici le troisième chapitre d'Operation Lampedosa rédigé par le &quot;First Lieutenant&quot; Watchman.     Port de Lampedosa, le 20.08.1949 à 1h30       Evoluant précautionneusement, à travers le court chenal, vers le fond du port, John MacNeal commença à percevoir l&amp;rsquo;effervescence qui en animait les quais. Plongeant sur de courtes distances, il parvint à rejoindre un appontement de bois vermoulu et se dissimula sous le bardage pour observer les alentours.  L&amp;rsquo;unique bassin de ce petit port de pêche semblait s&amp;rsquo;être récemment doté d&amp;rsquo;une armada inédite de bateaux, dont un de fort grande taille. Tous semblaient d&amp;rsquo;ailleurs avoir subi des aménagements singuliers et peu propices à la capture de poissons !  Ainsi, il nota de larges déversoirs sur les côtés de plusieurs embarcations, qu&amp;rsquo;il associa rapidement aux grenades sous-marines qui leur avaient été si généreusement offertes quelques heures plus tôt ! De même, il ne pu s&amp;rsquo;empêcher d&amp;rsquo;imaginer le sort réservé aux divers socles qui recouvraient les ponts. Ils semblaient diablement adaptés à ces mitrailleuses de 20 mm qu&amp;rsquo;affectionnaient tant les vedettes rapides de la Kriegsmarine.     Mais ce furent les uniformes impeccables des marins servant sur ces différentes unités qui finirent de le persuader qu&amp;rsquo;une flottille du Reich était bien en train d&amp;rsquo;armer à quelques mètres de lui. Visiblement, son intervention avait précipité certains évènements et on voyait de nombreux individus charger caisses et autres matériels dans les cales ouvertes.   Quelque peu en retrait par rapport à la rue qui bordait le front de mer, une maison particulière finissait de brûler dans l&amp;rsquo;indifférence de tous, à l&amp;rsquo;exception de quelques villageois qui cherchaient désespérément à éviter que le sinistre ne se propage à d&amp;rsquo;autres habitations.  Non loin delà, un étrange manège prospérait autour d&amp;rsquo;un édifice religieux. Plusieurs hommes qui ne portaient pas d&amp;rsquo;atours militaires cherchaient à organiser le transport de lourdes pièces de métal ou de roche, visiblement très enthousiasmés par leur découverte.  Le capitaine scruta plus précisément son environnement et releva la présence d&amp;rsquo;une bouche d&amp;rsquo;égout à la lisière de l&amp;rsquo;eau et qui pouvait, selon lui, s&amp;rsquo;enfoncer directement dans les entrailles de la ville, notamment en direction de cette église.  Il se laissa donc glisser à nouveau sous la surface trouble de la mer et nagea en apnée de bateau en bateau, profitant de bouts pendants de ci, de là, pour reprendre des forces. Après quelques détours imposés par la présence nombreuse de marins empressés, il finit par atteindre son objectif. La grille qui fermait le tunnel, bien que défaite par le temps, résista à son assaut jusqu&amp;rsquo;à ce qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;aperçoive que plusieurs de ses scellements étaient dévorés par le sel.  S&amp;rsquo;arc-boutant douloureusement contre les pierres polies du mur, il parvint à faire céder un premier barreau, puis un second, qu&amp;rsquo;il laissa couler paresseusement vers le fond vaseux. Il pu ainsi se glisser dans le cloaque et, après avoir acclimaté sa vision au manque de luminosité, commença à évoluer en rampant dans les écoulements nauséabonds.  La configuration des lieux était assez sommaire et il comprit que seuls les axes principaux étaient desservis. De ce fait, il pouvait progresser assez facilement en direction de l&amp;rsquo;église. Peut-être celle qu&amp;rsquo;ils avaient évoquée lors de leurs préparatifs !  Au détour d&amp;rsquo;un coude, il localisa une plaque ajourée qui lui paraissait pouvoir correspondre au site même de la grande bâtisse et se positionna à son aplomb. Il se rassura sur son orientation quand des pas bottés, accompagnant une discussion en allemand, passèrent rapidement au dessus de sa tête.     Eglise Sainte Marie de Lampadouse, le 20.08.1948 à 3h     Il attendit quelques minutes de plus et un silence total, avant de faire sauter l&amp;rsquo;obstacle de plusieurs coups de pied. Il passa la tête par le trou et devina qu&amp;rsquo;il se trouvait dans une sorte de cuisine rudimentaire. A force d&amp;rsquo;étirements, il en émergea complètement puis chercha à s&amp;rsquo;orienter en fonction des bruits divers qui l&amp;rsquo;entouraient.  La pièce comportait deux portes aux lourds panneaux de bois et l&amp;rsquo;une d&amp;rsquo;entre elles devait donner accès au c&amp;oelig;ur de l&amp;rsquo;Eglise où l&amp;rsquo;écho d&amp;rsquo;une activité importante montait vers la nef. Il se dirigea vers l&amp;rsquo;autre accès et un rapide coup d&amp;rsquo;&amp;oelig;il à travers le trou de la serrure lui fit comprendre qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agissait de la sacristie, au vu des ustensiles et autres robes qui y étaient disposés.     La porte ouverte, il fut assailli par l&amp;rsquo;odeur d&amp;rsquo;encens altérée par celle, écoeurante, de la naphtaline. En outre, la pièce était remplie de candélabres, tableaux, tentures et autres objets rituels, dont il se doutait que l&amp;rsquo;empilement maladroit ne répondait pas à un usage habituel ! Vraisemblablement déposés là par les nouveaux résidents, ils asseyaient l&amp;rsquo;idée que cette église recélait bien quelque mystère.  Saisi d&amp;rsquo;une angoissante intuition, le capitaine se précipita vers une grande penderie et s&amp;rsquo;enfouit derrière diverses bures et mitres savamment accrochées à des cintres. Avant même de pouvoir refermer le meuble, il se figea en discernant l&amp;rsquo;entrée silencieuse d&amp;rsquo;un Schocktruppen. Celui-ci, interpellé par la découverte de la porte de la cuisine restée entrouverte, s&amp;rsquo;activa à fouiller avec minutie chaque recoin et notamment, le refuge de MacNeal.  Le corps tétanisé, ce dernier sentit le canon de l&amp;rsquo;arme automatique fouailler les vêtements suspendus, éraflant même sa combinaison. Certain de devoir être découvert d&amp;rsquo;une seconde à l&amp;rsquo;autre, il balança son pied et sentit son adversaire reculer sous l&amp;rsquo;impact. Profitant de cet avantage inespéré, Mac Neal plongea en avant et finit de déséquilibrer le soldat qui rebondissait déjà sur des tapis posés derrière lui.  Tentant maladroitement de se relever, John MacNeal fut foudroyé par les réflexes de l&amp;rsquo;ennemi qui se saisissait déjà de son arme pour le tuer. Désemparé, désarmé, il agrippa vigoureusement la botte de l&amp;rsquo;homme avant de faire pivoter sa jambe d&amp;rsquo;un geste vif. Le craquement sourd de ses propres os surpris à ce point le Schocktruppen qu&amp;rsquo;il en resta muet.  Son rival s&amp;rsquo;abattit alors sur lui avec la force du désespoir, lui coupant la respiration. L&amp;rsquo;allemand croisa soudain le regard déterminé de MacNeal. Il ne lui apporterait pas la rédemption !  Les deux hommes roulèrent pendant que chacun cherchait à s&amp;rsquo;empoigner de l&amp;rsquo;arme susceptible de lui donner un avantage décisif. MacNeal devina à la périphérie de son champ de vision, une étole pourpre et s&amp;rsquo;en empara. Lentement, froidement, et malgré la résistance de sa victime, il parvint à la faire passer autour de sa gorge avant de compresser le tissu jusqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;asphyxie.     Parvenu aux abords de la nef, il pu remarquer les nombreux aménagements qui avaient été récemment faits. L&amp;rsquo;endroit semblait avoir été investi par une colonie d&amp;rsquo;insectes voraces car toutes les maçonneries et le sol étaient éventrés. Sauf à laisser jouer son imagination, il ne restait plus beaucoup d&amp;rsquo;éléments tangibles susceptibles de rappeler l&amp;rsquo;oecuménisme passé et le partage des travées entre chrétiens et « païens ».  Le c&amp;oelig;ur de cette tourmente semblait bien être l&amp;rsquo;autel, ou plutôt, chose étrange, le double autel qui garnissait le centre de la structure. Chacun d&amp;rsquo;entre eux était orienté vers un point cardinal distinct et ils gisaient désormais, renversés dans les gravats qui accompagnaient l&amp;rsquo;excavation importante entreprise à proximité.  John MacNeal entreprit de faire un tour de ronde pour éviter d&amp;rsquo;attirer l&amp;rsquo;attention, tout en lui autorisant une approche discrète des divers recoins du grand hall. D&amp;rsquo;imposants systèmes d&amp;rsquo;éclairage, disposés à intervalles réguliers, anéantissaient l&amp;rsquo;obscurité présente dans chaque renfoncement.  A voir le détail des stigmates laissés par les pioches et masses, on pouvait aisément comprendre que c&amp;rsquo;était un accès secret qui avait été recherché, avant d&amp;rsquo;être découvert à l&amp;rsquo;épicentre du lieu saint. Depuis, les personnes présentes, des archéologues pour l&amp;rsquo;essentiel si l&amp;rsquo;on voulait bien ignorer leurs exactions, s&amp;rsquo;acharnaient à vider les sous-sols mis à jour de leurs attributs les plus précieux.  MacNeal se forgea la conviction que les pierres taillées qui étaient manutentionnées avec grand soin par plusieurs servants avaient un lien direct avec l&amp;rsquo;occupation pesante de l&amp;rsquo;Obscura Korps sur l&amp;rsquo;île. D&amp;rsquo;ailleurs, l&amp;rsquo;acheminement se faisait sous le regard acéré de plusieurs commandos rattachés à cette unité.  Profitant de cette présence importante, il se rapprocha de l&amp;rsquo;espèce de cratère d&amp;rsquo;où émergeaient cordes, poulies et échelles de bois. Les derniers morceaux de roche étaient sur le point d&amp;rsquo;en être extraits, et l&amp;rsquo;excitation ressentie sur le port pouvait également être lue sur les visages des hommes du Reich présents ici.  Disposées sur les rebords de l&amp;rsquo;orifice, se trouvaient plusieurs caisses ouvertes, à l&amp;rsquo;intérieur desquelles John MacNeal pouvait voir reposer des bâtons d&amp;rsquo;explosifs. Il s&amp;rsquo;en approcha et tout en faignant de stabiliser un mât utilisé par les ouvriers comme outil de levage, il donna un coup de la boite sa botte dans l&amp;rsquo;un des caissons de bois, faisant se déverser son contenu quelques mètres plus bas.  Non loin de là, un homme de l&amp;rsquo;art, portant un brassard de l&amp;rsquo;Obscura Korps et qui vomissait des ordres en tous sens, poussa un cri suraigu qui figea tout le monde. Le capitaine MacNeal comprit, à travers ses gestes hystériques, que son interlocuteur lui donnait l&amp;rsquo;injonction de descendre, sans doute pour récupérer les explosifs. Il opina d&amp;rsquo;un claquement de talons et d&amp;rsquo;un de ces saluts qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;était pourtant juré de ne jamais faire.      Sanctuaire-prison de Lug&amp;rsquo;oss, le 20.08.1948 à 3h45     La descente se fit sans grande difficulté malgré le port peu confortable du casque intégral du Schocktruppen. Arrivé au bas de l&amp;rsquo;échelle, il jeta un coup d&amp;rsquo;&amp;oelig;il hémisphérique et sursauta à la découverte des nombreux tombeaux qui jalonnaient les murs glaiseux des cavités environnantes.  Le filtre respiratoire lui fit ignorer l&amp;rsquo;odeur de souffre omniprésente, mais il la déduit de la couleur jaunâtre des volutes filamenteuses de fumée qui cheminaient au niveau du sol. Absorbé par les peintures murales qui auraient pu illustrer les écrits d&amp;rsquo;Olfert Dapper, il fut bousculé par plusieurs hommes qui s&amp;rsquo;acharnaient à sangler un roc massif, sculpté et figurant une tête démoniaque.  Mac Neal eut un geste de recul face au dessin si vivant de ces traits mais se ressaisit rapidement et aboya à son tour sur les manutentionnaires, des îliens, pour rappeler son rang. Il accompagna même leur effort de rudes poussées avant de s&amp;rsquo;apercevoir que l&amp;rsquo;arrivée de cette pièce à la surface était accompagnée d&amp;rsquo;exclamations satisfaites.  L&amp;rsquo;opération d&amp;rsquo;extraction devait toucher à son terme et le désir empressé de quitter les lieux avait visiblement occulté sa présence. Laissé seul, il se replongea dans la découverte de ces fresques qui semblaient dépeindre les combats héroïques de chevaliers chrétiens et musulmans face à des démons. Il n&amp;rsquo;en comprenait pas le sens mais redoutait que ces puissances occultes n&amp;rsquo;aient pas disparu et que ce sanctuaire souterrain en constitue le témoignage.   MacNeal bourra les poches de sa vareuse d&amp;rsquo;explosifs, hésita un instant, avant que le cri d&amp;rsquo;un homme lui permette de s&amp;rsquo;assurer de la direction à suivre pour finir de découvrir si l&amp;rsquo;innommable se terrait bien ici.   Précautionneux, John MacNeal se dévêtit de son lourd manteau et de son casque, déposa munitions et arme automatique, ne conservant que son .45 et deux bâtons de dynamite avant de ramper sous le couvert de stalagmites gigantesques à l&amp;rsquo;entrée de la grotte d&amp;rsquo;où émergeait de faibles échos de voix.  Faisant ressortir une partie restreinte de son visage par-dessus les concrétions protectrices, il détailla la scène à la lumière de quelques projecteurs. Le sol du site présentait une large rigole circulaire, remplie d&amp;rsquo;un liquide fumant et en ébullition. Au centre de ce vaste cercle, un pentacle était dessiné, endommagé par les récentes allées et venues, accompagné de symboles inédits et sans doute hérités de cultures métissées.  Les traces au sol montraient que la sorte de statue, qui avait vraisemblablement siégé à cet endroit depuis longue date, avait été extraite depuis les configurations géométriques complexes disposées au sein de l&amp;rsquo;étoile de la Kabbale. Le diable allait-il maintenant pouvoir sortir de sa boite ?  Au-delà, deux silhouettes observaient avec attention une troisième personne affalée contre la roche, à leurs pieds : Kowalsky !  Celui-ci était nu, jambes et bras couverts de longues zébrures sanglantes, la tête ballante contre sa poitrine. Face au Delta, une svelte créature gainée de noir faisait ostensiblement osciller un fouet à proximité du visage de l&amp;rsquo;américain, essayant d&amp;rsquo;obtenir de lui des détails sur les motifs de leur venue.  MacNeal fut saisi par les contrastes offerts par l&amp;rsquo;investigatrice - séduisante et vénéneuse - avant de se demander s&amp;rsquo;il lui aurait été possible d&amp;rsquo;envisager autrement cette diablesse en temps de paix. Néanmoins, il retrouva vite sa hargne guerrière en lisant la fatalité sur les traits de son compagnon : il savait qu&amp;rsquo;il allait mourir et souhaitait que cet instant ne tarde pas !  Le second hôte se trouvait être celui dont MacNeal attendait de découvrir l&amp;rsquo;existence depuis qu&amp;rsquo;il avait posé le pied à Lampedosa, un Oberst de l&amp;rsquo;Obscura Korps. Plus précisément, le marionnettiste qui animait tous les fils de cette triste comédie à laquelle il semblait devoir participer jusqu&amp;rsquo;à ce que le rideau tombe.  L&amp;rsquo;homme au profil incongru agita ses joues replètes : - « Finirez-vous donc par faire parler cet homme, Investigatrice Krämer. Il me semble que vos propositions lui soient indifférentes ! Pourtant, je dois savoir comment ses maîtres ont pu réagir aussi promptement à notre implantation ».  - « Herr Von Gelstaff, aucun transport maritime, ni aucun moyen aérien n&amp;rsquo;a été repéré par nos radars jusqu&amp;rsquo;à présent. Je reste persuadée qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;agit tout au plus d&amp;rsquo;éclaireurs envoyés pour découvrir plus avant la nature de vos travaux. Quoi qu&amp;rsquo;il en soit, il va parler car personne n&amp;rsquo;a jamais résisté aux méthodes de la Blutstrum Division&amp;hellip; »  La jeune femme blonde prononça ses derniers mots sans passion, plutôt pour rappeler à son homologue que tous, jusqu&amp;rsquo;aux plus hauts officiers du Reich, pouvaient avoir à connaître de tels supplices, dès lors que le Kaiser missionnait l&amp;rsquo;une d&amp;rsquo;entre elles.  Persuadé de dominer sans difficulté ces adversaires inattentifs, MacNeal sortit de l&amp;rsquo;ombre et se dirigea d&amp;rsquo;un pas décidé vers le dos offert d&amp;rsquo;Eva Krämer !  Incapable de surmonter son étonnement face à l&amp;rsquo;apparition de son capitaine à un tel moment, Kowalsky releva légèrement la tête dans sa direction. Ce geste suffit à alerter la femme qui, dans un sifflement suraigu et des projections d&amp;rsquo;étincelles, fit virevolter autour d&amp;rsquo;elle son outil de prédilection pour éloigner l&amp;rsquo;agresseur.  MacNeal, interloqué par la vivacité de cette réaction, ne pu éviter cette riposte et découvrit avec horreur qu&amp;rsquo;à la brûlure du cuir, succédait la morsure du métal dont était lardé la lanière. Grimaçant, il se rejeta en arrière, tout en faisant feu vers celle qui le clouait de son regard d&amp;rsquo;acier.  L&amp;rsquo;écho des détonations se répandit dans le vaste espace.  Von Gelstaff se mit à refluer dans la panique la plus complète vers l&amp;rsquo;entrée, laissant choir sans délicatesse le long cigare qu&amp;rsquo;il tenait, ainsi que son monocle d&amp;rsquo;écaille qui donnait à penser que son &amp;oelig;il gauche était celui d&amp;rsquo;un reptile antédiluvien.  Eva Krämer, à peine décontenancée par la fulgurance qui lui avait traversé le bras lorsqu&amp;rsquo;un des projectiles l&amp;rsquo;avait atteinte, se positionna derrière une poutre de soutènement et sortit son arme service de l&amp;rsquo;étui qui pendait à sa taille. Elle se mit à scruter les replis du roc pour y deviner la présence de l&amp;rsquo;homme qui venait de la blesser.  D&amp;rsquo;importantes traces de sang indiquaient que MacNeal devait également être mal en point. Celui-ci, recroquevillé dans un trou sombre, aiguillonné par des sensations désagréables, n&amp;rsquo;avait plus de vue sur les allemands. Il entendit cependant des pas maladroits s&amp;rsquo;éloigner !  Sans chercher à en apprécier les risques, il alluma la mèche courte d&amp;rsquo;un de ses explosifs et le balança dans la direction approximative de son objectif. Une onde fit frémir le sol, accompagnée d&amp;rsquo;un déchirement de l&amp;rsquo;air avant que de larges blocs ne commencent à se détacher avec fracas des parois, propulsant des nuages de poussière et de résidus dans l&amp;rsquo;ensemble du complexe templier.  Le capitaine rampa, sans s&amp;rsquo;attarder, à travers cette épaisse purée de pois pour rejoindre la position de Kowalsky. Le Delta, râlant et s&amp;rsquo;asphyxiant dans l&amp;rsquo;atmosphère polluée, n&amp;rsquo;avait pas bougé. Il passa son bras sous son épaule, pour tenter de le relever, lorsqu&amp;rsquo;un claquement sec lui rappela la présence de son ennemie. Il tourna la tête pour préciser sa position lorsqu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;aperçut que le fouet était enroulé autour du cou de son compagnon.  D&amp;rsquo;un geste finement travaillé, l&amp;rsquo;investigatrice spéciale tira sur le manche de son instrument de mort et la tête de Kowalski, tranchée jusqu&amp;rsquo;à l&amp;rsquo;os, roula aux pieds de son propriétaire. Le corps décapité continua de réagir un instant avant de retomber mollement sur John Mac Neal.  Empêtré sous cette lourde masse inerte, le capitaine vit la furie aux courts cheveux blonds se rapprocher de lui avec un sourire carnassier, avant de lui poser un talon aigu sur la gorge.  Pointant son pistolet sur le capitaine Mac Neal, elle ouvrit sa bouche sensuelle. - « Mon Dieu, serait-ce là un autre oisillon tombé du nid ! J&amp;rsquo;aimerai que vous puissiez&amp;hellip; ».  - « arghh,&amp;hellip;, écoute, sale garce, tu ferais mieux de retenir attentivement ce que je vais te dire. J&amp;rsquo;ai un bâton de dynamite entre les mains qui va se faire une joie de sauter dans quelques secondes. Alors si tu as la moindre intention homicide à mon encontre, exprime la rapidement ! »  Eva Krämer ne pouvait admettre d&amp;rsquo;avoir négligé un tel aspect de la situation&amp;hellip;elle a qui on avait appris à anticiper chaque action et à toujours devancer les problématiques !  Elle était incapable de dire s&amp;rsquo;il bluffait ou non, mais savait qu&amp;rsquo;il avait déjà joué avec ce genre d&amp;rsquo;engins quelques minutes plus tôt. Dans le doute, elle fit feu sur Mac Neal avant de fuir vers l&amp;rsquo;arche branlante de l&amp;rsquo;entrée.   Quelques secondes plus tard, n&amp;rsquo;entendant rien, elle décida d&amp;rsquo;aller chercher des renforts pour nettoyer l&amp;rsquo;endroit. Arrivée à proximité de la bouche du souterrain, elle se rappela l&amp;rsquo;absence de l&amp;rsquo;Oberst. Elle spéculait sur son sort lorsqu&amp;rsquo;elle se fit interpeller par un sergent des Schocktruppen.  - « Madame, l&amp;rsquo;île est sur le point d&amp;rsquo;être attaquée. Nos radars ont repéré plusieurs formations. Nos opérateurs pensent à des chasseurs, même quelques bombardiers. De plus, plusieurs tirs de canons ont été relevés depuis le large et il fort possible que les forces de l&amp;rsquo;Union aient déjà disposé des unités cuirassées non loin des côtes&amp;hellip; ».  - « Bien, pour l&amp;rsquo;instant votre priorité est de retrouver l&amp;rsquo;Oberst Von Gelstaff. Il est quelque part en dessous, vraisemblablement blessé et peut-être inquiété par un ou plusieurs commandos de l&amp;rsquo;Union. »  A la découverte de cette terrible nouvelle, le sous-officier harangua ses hommes et rejoignit, sans attendre, le sous-sol.  Eva Krämer se dirigea au pas de course vers l&amp;rsquo;extérieur du bâtiment où l&amp;rsquo;accueillirent le bruit des sirènes et les halos lumineux, découpés dans le ciel, des projecteurs des batteries anti-aériennes. Elle héla un transport qui passait à proximité et grimpa sur le garde-boue lorsque celui-ci ralentit.  - « Au port ! Vite ! ».      Pour naviguer dans l'histoire suivez ces liens : - Chapitre 1 - Chapitre 2 - Chapitre 4 - Chapitre 5 - Chapitre 6 </description>
            <author>Tannhauser</author>
            <pubDate>Tue, 22 Apr 2008 10:42:46 +0100</pubDate>
        </item>
        <item>
            <title>Craig Pearson dit &quot;Hot&quot; (3ème Partie)</title>
            <link>http://tannhauser-thegame.com/ixm_ixpforces.php?file=article&amp;story_id=43</link>
            <description>Et voici la suite du journal de Craig Pearson...     Journal du première classe Craig Pearson 21-23 Septembre 1950     Le 21 Septembre  Le Major nous a appelé tous en salle de briefing. Le président a une mission pour nous, ailleurs. Le Major ne refuse jamais les missions spéciales, celles qui peuvent, loin de la ligne de front, influencer le cours de la bataille. Les Îles Sandwichs&amp;hellip; Voilà notre nouvelle destination. Alors que nous devions nous reposer, voilà que l&amp;rsquo;on doit faire voyage pour une mission à l&amp;rsquo;autre bout du monde. J&amp;rsquo;aurais préféré rester me battre ici, avec ceux qui y restent, mais le Major doit pouvoir compter sur ses soldats. On a donc embarqué en fin d&amp;rsquo;après midi.   Le 22 Septembre 1ère entrée 21h  Nous voilà en vue des îles. On doit plonger dans l&amp;rsquo;eau, la nuit tombée pour nager jusqu&amp;rsquo;au bord du port tenu par notre adversaire. Lors du briefing sur le bateau, le Major nous a dit que la mission était simple d&amp;rsquo;apparence et qu&amp;rsquo;il risquait fort d&amp;rsquo;y avoir des troupes d&amp;rsquo;élites ici aussi vu notre ordre de mission. On doit mettre la main sur la nouvelle arme en préparation du Reich afin de ne pas la retrouver sur les futurs champs de batailles, notamment celui que l&amp;rsquo;on venait de laisser. Une fois hors de l&amp;rsquo;eau, les soupçons du Major ont été confirmé. En effet, le port semblait être plein de troupes d&amp;rsquo;élites de l&amp;rsquo;Obscura Korps. Notre mission en sera d&amp;rsquo;autant plus compliquée. Nous devons, tout d&amp;rsquo;abord, nous introduire en petits groupes, en cachette dans les bâtiments principaux du port. Ils doivent contenir des infos sur la localisation de cette arme, un laboratoire secret dans la zone, dans une espèce de grotte. Il nous faut donc mettre la main sur ces notes.   Le 22 Septembre 2ème entrée 21h43  Tout ne s&amp;rsquo;est pas passé comme prévue. Les ennemies avaient eu vent de notre présence et nous ont attendu de pied ferme. Le Sergent Brown, ou Barry, a trouvé une partie de code et le Major en a donc déduit la présence d&amp;rsquo;un coffre qui devait contenir toutes les informations que l&amp;rsquo;on recherchait. Hélas, les troupes de Semler, Horst Semler, le haut gradé responsable des lieux nous a contraint a battre en retraite pour éviter de se faire décimer car nous étions en sous nombre. On a d&amp;rsquo;ailleurs perdu quelques hommes. Une fois sortis sur le port, à couvert de bidons et dans une zone que l&amp;rsquo;on pensait sûre, le Major et le Sergent parlaient de comment procéder maintenant que les troupes sur place savait que nous étions là. Nous n&amp;rsquo;avions que peu de temps pour réaliser notre objectif. Une fois le jour levé, le Major ne donnerait pas cher de nous. Mais, le Caporal n&amp;rsquo;était pas là. Le Major a eu tout le mal a contenir le Sergent de ne pas y retourner et...   Le 22 Septembre 3ème entrée 22h20  J&amp;rsquo;ai reçu une balle en pleine épaule alors que nous allions nous mettre un peu plus à l&amp;rsquo;abri pour nous préparer à attaquer. Ce Semler et ses hommes sont à la hauteur de leur réputation. Leurs îles ne sont jamais tombées sous la domination de l&amp;rsquo;Union et ils ont repoussé avec brio toutes les tentatives d&amp;rsquo;attaques jusqu&amp;rsquo;à présent. Mon gilet que j&amp;rsquo;étais entrain de brancher n&amp;rsquo;a pas eu le temps de me protéger. Blessé, je serre les dents pour continuer à apporter mon aide. Voilà que, pendant ce temps, le Major McNeal et Barry ont interrogé un gars de chez nous, un espion qui aurait travaillé pour quelqu&amp;rsquo;un d&amp;rsquo;autre. Barry se jure de le tuer s&amp;rsquo;il arrive quelque chose à Tala. Elle serait détenue par une connaissance des autorités de l&amp;rsquo;Union, Don Falcone. Nous voilà en route vers le lieu ou est détenue notre Caporal. Mais, à peine nous arrivons en vue de l&amp;rsquo;entrée que l&amp;rsquo;on voit des troupes du Reich surveiller les alentours. Pourquoi sont-ils là ? Don Falcone serait donc des leurs ?  Une fois les gardes à l&amp;rsquo;entrée éliminés, on a vite constaté que le Don Falcone n&amp;rsquo;était plus là mais que l&amp;rsquo;endroit regorgeait de troupes du Reich. On me demande de rester derrière à cause de ma blessure. 40 minutes plus tard, le Major, Barry et Tala accompagnés de quelques hommes partis avec eux reviennent au pas de course et continuent de courir jusqu&amp;rsquo;au bois en face de la sortie de la grotte. Alors que l&amp;rsquo;on prenait des nouvelles de notre Caporal et qu&amp;rsquo;elle nous disait ce qu&amp;rsquo;elle avait entendu, on pouvait voir sortir, quelques minutes plus tard, les troupes du Reich ainsi que Mlle Kramer accompagnés du tandem redouté et très connu : le Général Von Heïzinger et son Garde du corps Karl Zermann.  A quoi joue Don Falcone ?   Le 23 Septembre 4ème entrée 01h53  On a laissé passer quelques heures car l&amp;rsquo;alarme a été donnée. Tala, notre belle Caporal a eu pas mal d&amp;rsquo;informations sur l&amp;rsquo;endroit ou est stockée la nouvelle arme, sa nature, etc. Un laboratoire situé au Nord Est du port. C&amp;rsquo;est un laboratoire caché dans une sorte de vieille mine. Le problème, c&amp;rsquo;est que, Mlle Kramer sait que nous savons où est caché ce laboratoire. On peut donc s&amp;rsquo;attendre à ce que l&amp;rsquo;on soit bien reçu. Effectivement, il y a du monde. Le Général mène lui-même les opérations de déménagement du laboratoire. On arrive à se faufiler à l&amp;rsquo;intérieur par le système d&amp;rsquo;aération. Une fois à l&amp;rsquo;intérieur, on tombe face à de nombreux scientifiques transportant des fioles de liquide vert brillant. Quand l&amp;rsquo;un d&amp;rsquo;eux nous a vu prêt d&amp;rsquo;un tunnel, il a lâché sa fiole qui s&amp;rsquo;est brisé&amp;hellip; L&amp;rsquo;alarme a été donnée et il ne nous restait pas longtemps avant de voir arriver le Général en personne. Mais voilà que le malheureux scientifique s&amp;rsquo;étouffe dans l&amp;rsquo;épais nuage de gaz vert qui s&amp;rsquo;échappe de la fiole cassée. On doit donc doublement se dépêcher. Alors que nous cherchions une fiole non cassée dans l&amp;rsquo;épais nuage de gaz, on a entendu des coups de feu alors que la pièce était vide. Mon gilet a stoppé 2 balles et McNeal, malgré l&amp;rsquo;importance de la situation nous a demandé de nous replier à cause de notre sous-effectif flagrant. Comme, un Unioniste n&amp;rsquo;abandonne jamais, le Major demanda au Caporal si elle avait assez d&amp;rsquo;explosif pour faire sauter l&amp;rsquo;endroit. Après une rapide vérification, elle avoua en avoir assez pour faire sauter une partie du port et enterrer la mine sous les ruines de celui-ci. McNeal nous fit alors part de son nouveau plan. Il fallait faire vite car, même si le Reich pouvait récupérer des fioles, et la formule, seule cette dernière pourrait être extraite en cas d&amp;rsquo;éboulement. Nous voilà rapidement scindés en quelques troupes et je me suis retrouvé avec le Major. Nous devions, avec 2 autres soldats, placer les explosifs sur la sortie même pendant que les autres faisaient exploser les canalisations. Mais l&amp;rsquo;ennemi nous poursuivait. Ils nous ont vite rattrapé et il nous a fallu nous défendre. McNeal a donc pris les devants. Il lança une grenade vers les troupes du Reich et au milieu de l&amp;rsquo;explosion, il nous ordonna de courir vers les fourrés à coté et de prévenir les autres de revenir vers l&amp;rsquo;entrée, une fois leur partie de la mission réalisée. Hélas, à notre retour, l&amp;rsquo;entrée était surveillée par des troupes d&amp;rsquo;élites. Barry et Tala, tout en se regardant, ont décidé de tout faire sauter, persuadé que McNeal avait accompli sa mission... Dans une pluie de pierre et de poussière, nous avons vu sortir, un peu hébété, mais vivant, le grand Karl. Barry, plus rapide que jamais, sans arme, aucune, se mit à courir vers lui et lui décrocha une gauche qui le mis K.O.  « V&amp;rsquo;là notre monnaie d&amp;rsquo;échange » s&amp;rsquo;exclama Tala.   Le 23 Septembre 5ème entrée 04H35  Après avoir réussi à prendre contact avec le Général, celui-ci nous confirma qu&amp;rsquo;il détenait le Héro qui avait ralenti l&amp;rsquo;avance de son plan d&amp;rsquo;arme chimique. Il aurait aimé le tuer ou le livrer à qui le voudrait, mais la disparition de son garde du corps le rendait méfiant et son seul but était de le récupérer pour lui faire payer son incompétence. Cela indiquait 2 choses. Que McNeal était vivant, et que l&amp;rsquo;opération qui n&amp;rsquo;était pas une réussite, n&amp;rsquo;était pas non plus un échec total. On a réussi à ralentir la fabrication, mais cette arme risque de faire vite surface. Rendez-vous fut donné au même endroit où il nous avions du récupérer le Caporal, plus tôt dans la nuit. Barry était méfiant car ça pouvait tourner au massacre. Mais Tala avait l&amp;rsquo;air confiante. Elle devait nous réserver une surprise. L&amp;rsquo;accord voulait que l&amp;rsquo;on laisse les prisonniers se croiser et personne ne devait ouvrir le feu. Mais, une fois que l&amp;rsquo;échange fut fait, Zermann décocha une balle qui atteignit Barry en plein bras. Le ton était donné. Aussitôt, nos soldats lancèrent et tirèrent avec tout leur arsenal. Les grenades pleuvaient, les balles fusaient. Soudain, Barry pris McNeal sur son épaule, ignorant la douleur de la balle et couru vers la sortie. Tala fit un signe de replis et Collins compris la suite du signe. Il pris le reste de ses grenades, vérifia qu&amp;rsquo;il était le dernier et les dégoupilla. Nos poursuivants marquèrent un arrêt à leur explosion puis, une fois la première explosion passée, une seconde très puissante se fit entendre et nous rattrapa dans le tunnel vers la sortie. Collins, Tala et moi-même en avons été projetés par de quelques mètres vers la sortie. Plus de poursuivant, ce tunnel-ci était même bouché.  « Allez, au bateau. On retourne à la base. Je ferais part de l&amp;rsquo;échec relatif de la mission aux supérieurs. » bafouilla McNeal, apparemment bien affaibli suite à son séjour prêt du Général. Tala poursuivit en disant que l&amp;rsquo;on avait que peu de temps avant la levée du jour et que le Général, car elle le savait vivant, serait fou de rage et, qu&amp;rsquo;après avoir réglé ses comptes avec ses subordonnés, il se lancerait à notre poursuite.   Le 23 Septembre 5ème entrée 05H25  Nous voilà à notre zone d&amp;rsquo;arrivée et, après un appel radio au bateau, quelques minutes plus tard, une embarcation venait nous récupérer. Le bilan de la mission est très négatif. On a perdu des hommes, McNeal et Barry sont blessés, même si ce dernier ne le fait pas voir, et moi aussi, je suis blessé. Que voulait Don Falcone ? Pourquoi nous a-t-il piégé ? Ça va pas arranger son image vis-à-vis des autorités de l&amp;rsquo;Union.    Page précédente du journal ici. Première page du journal ici.</description>
            <author>Tannhauser</author>
            <pubDate>Mon, 11 Feb 2008 15:23:08 +0100</pubDate>
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            <title>Les Fouilles de Patmos</title>
            <link>http://tannhauser-thegame.com/ixm_ixpforces.php?file=article&amp;story_id=42</link>
            <description> CHAPITRE # 6 : FOLIE  Ksiaz, le 6 octobre 1949,   L&amp;rsquo;Investigatrice Eva Krämer était d&amp;rsquo;une humeur massacrante. Depuis deux jours, elle était confinée à la sécurité du château de Ksiaz, avec la dizaine de soldats que le marquis-général Von Heïzinger avait bien voulu lui confier. Mais il n&amp;rsquo;avait fait cela que pour l&amp;rsquo;éloigner du véritable but de la présence d&amp;rsquo;Eva: surveiller le général et l&amp;rsquo;avancée des fouilles des catacombes du château. Le fidèle lieutenant de Von Heïzinger, Karl Zermann, veillait sur l&amp;rsquo;entrée de la crypte pour s&amp;rsquo;assurer que l&amp;rsquo;Investigatrice n&amp;rsquo;interfère pas dans les travaux du général.   Impuissante, Eva soupira et observait les archéologues apporter régulièrement des reliques découvertes dans les cryptes jusqu&amp;rsquo;au bureau du marquis. Von Heïzinger n&amp;rsquo;avait pas quitté cette pièce et était resté seul depuis deux jours. Il se passait quelque chose&amp;hellip; Et elle était déterminée à élucider ce mystère, coûte que coûte.   Comme chaque midi, Eva se rendit au bureau du général pour faire un rapport inutile de plus. La dizaine de soldats présents au château, ainsi que la division présente dans la région de Ksiaz ne répétaient qu&amp;rsquo;un seul message: « rien à signaler ». S&amp;rsquo;il devait y avoir un danger, nul doute pour l&amp;rsquo;Investigatrice qu&amp;rsquo;il ne viendrait pas de l&amp;rsquo;extérieur&amp;hellip; Elle allait frapper à la porte du bureau de Von Heïzinger quand elle entendit un bruit étrange. Elle tendit l&amp;rsquo;oreille. Le général discutait avec quelqu&amp;rsquo;un&amp;hellip;   « - Nous y sommes presque, dit le général sur un ton qui trahissait son excitation. Bientôt&amp;hellip; Un pouvoir qu&amp;rsquo;envient même les dieux, ici, à portée de main!&amp;hellip; Et ensemble, nous serons invincibles! Je conduirai l&amp;rsquo;Empire à la victoire finale!&amp;hellip; Rien ne nous arrêtera! Grâce à vous, un destin hors du commun s&amp;rsquo;offre à moi&amp;hellip; »   Avec qui Von Heïzinger pouvait-il bien parler? Zermann était dans la chapelle&amp;hellip; L&amp;rsquo;Investigatrice retint son souffle et ouvrit la porte brusquement. Elle s&amp;rsquo;attendait à tout venant du marquis&amp;hellip; Mais dans le bureau, elle ne vit que lui, seul, assis sur son fauteuil. Néanmoins, le général avait l&amp;rsquo;air épuisé, au bord du malaise. Surpris, il tenta de retrouver ses esprits et se redressa sur son siège avant d&amp;rsquo;adresser la parole à l&amp;rsquo;Investigatrice.   « - Il est très impoli d&amp;rsquo;entrer sans frapper, fraulein Krämer. - Je suis désolée, herr general, j&amp;rsquo;ai cru entendre un bruit, et j&amp;rsquo;ai cru&amp;hellip; - J&amp;rsquo;apprécie votre sollicitude, répondit-il d&amp;rsquo;un ton sec, mais vous avez fait chou blanc. Vous voyez bien que je ne cours aucun danger. - Oui&amp;hellip; Mais vous avez l&amp;rsquo;air fatigué. Vous allez bien? - Ne vous inquiétez pas, ce n&amp;rsquo;est rien, répondit le marquis en s&amp;rsquo;essuyant le front avec un mouchoir. Je conduirai cette mission jusqu&amp;rsquo;à son terme, quoi qu&amp;rsquo;il advienne. Mais mon âge me rattrape quelquefois. Vous verrez, fraulein, quand vous aurez atteint l&amp;rsquo;âge de 93 ans comme moi, vous serez moins en forme vous aussi&amp;hellip; »   Von Heïzinger eût un de ses sourires qui avaient le don de mettre mal à l&amp;rsquo;aise Eva. Elle lui rendit tant bien que mal.   « - Je suis rassurée dans ce cas. Je venais juste vous faire mon rapport quotidien. Rien à signaler, comme d&amp;rsquo;habitude. - Très bien. Mais ce n&amp;rsquo;est pas une raison pour ne pas rester vigilante: je ne veux pas que qui que ce soit vienne m&amp;rsquo;empêcher de réussir cette mission. Absolument personne. Vous m&amp;rsquo;avez bien compris? - Oui, mon général, répondit Eva. - Bien&amp;hellip; Ravi de voir que nous sommes d&amp;rsquo;accord. Vous pouvez disposer, fraulein. »   Eva ne se fit pas prier davantage pour tourner les talons. Lorsque l&amp;rsquo;Investigatrice sortit du bureau du général, elle doutait encore un peu plus sur la capacité du marquis à mener à bien cette mission. La brutale exécution des terroristes au village de Ksiaz et son attitude actuelle, tout cela l&amp;rsquo;inquiétait sérieusement. Se pourrait-il qu&amp;rsquo;il soit trop tard pour le ramener à la raison?    De son côté, une fois la porte de son bureau refermée, Von Heïzinger la verrouilla à double-tour avant de se rasseoir sur son fauteuil. Il ressortit le fragment de l&amp;rsquo;amulette de Patmos de sa poche et la serra entre ses longs doigts noueux.   « - Rien ne nous arrêtera, murmura-t-il&amp;hellip; Et surtout pas cette espionne&amp;hellip; »   ***   Le lendemain, la journée touchait à sa fin, et Eva patrouillait encore une fois dans le château, frustrée comme un lion en cage. Elle se rendit à la chapelle, par acquis de conscience, a priori gardée par Zermann, comme toujours, en bon cerbère. Mais cette fois, le lieutenant de Von Heïzinger n&amp;rsquo;était pas là, il n&amp;rsquo;y avait qu&amp;rsquo;un simple soldat. C&amp;rsquo;était peut-être la seule chance de l&amp;rsquo;Investigatrice de descendre dans ces catacombes, et Eva était déterminée à la saisir. Sûre d&amp;rsquo;elle, elle s&amp;rsquo;avança vers le garde.   « - Bonjour, oberjäger. »   Le soldat faillit renverser son café lorsqu&amp;rsquo;Eva lui adressa la parole. Il la fixa un long moment avant de lui répondre.   « - B&amp;hellip; Bo&amp;hellip; Bonjour, fraulein Krämer. - Je vous ai fait peur, on dirait, dit Eva avec un petit rire. Elle passa lentement une main dans ses cheveux avant de reprendre la parole. Ne vous en faites pas, je ne vous ferai aucun mal, ajouta-t-elle avec un léger clin d&amp;rsquo;&amp;oelig;il. Oberjäger?&amp;hellip; - Herz, fraulein, oberjäger Markus Herz. - C&amp;rsquo;est un joli nom&amp;hellip; Mais dites-moi, le lieutenant Zermann n&amp;rsquo;est pas avec vous? - Non, fraulein. Il a dû s&amp;rsquo;absenter. Il m&amp;rsquo;a confié la garde de l&amp;rsquo;entrée de la crypte. Personne ne doit passer sans autorisation, ajouta Herz. Et je suis désolé, mais vous savez bien que vous n&amp;rsquo;avez pas l&amp;rsquo;autorisation du général. - Oui, je sais, Markus, répondit Eva en minaudant encore un peu plus. Je peux vous appeler Markus? - B&amp;hellip; Bien sûr, bafouilla Herz en rougissant. - Mais vous savez, Markus, je suis une femme très curieuse, et j&amp;rsquo;aimerais tellement jeter un coup d&amp;rsquo;&amp;oelig;il en bas&amp;hellip; - Fraulein&amp;hellip; - S&amp;rsquo;il vous plaît, Markus! Cinq petites minutes! Ne vous inquiétez pas, personne ne le saura, je me ferai toute petite&amp;hellip; - Je sais, mais&amp;hellip; Herz hésitait, mais il finit par céder devant le sourire charmeur de l&amp;lsquo;Investigatrice. Bon, très bien, vous avez gagné. Cinq minutes alors, mais ne vous faites pas voir là-dessous! Je ne veux pas d&amp;rsquo;ennuis avec le lieutenant&amp;hellip; - Merci, Markus! Vous êtes un ange! Je saurai m&amp;rsquo;en rappeler! »   Herz rougit encore un peu plus et voulut demander quelque chose à Eva. Mais il n&amp;rsquo;eut même pas le temps de dire un mot: l&amp;rsquo;Investigatrice lui avait déjà faussé compagnie et descendait les escaliers qui menaient aux cryptes du château. En chemin, Eva sourit en imaginant ce que Herz lui aurait proposé si elle n&amp;rsquo;était pas partie si vite.   « - Les hommes&amp;hellip; Tellement prévisibles! »   L&amp;rsquo;Investigatrice continua sa descente et se dirigea enfin vers le véritable objectif de sa mission.   ***   Au fur et à mesure qu&amp;rsquo;Eva progressait dans les couloirs de la crypte, l&amp;rsquo;Investigatrice se sentait de plus en plus oppressée. L&amp;rsquo;atmosphère était lourde, et il faisait de plus en plus chaud. Cet endroit mettait mal à l&amp;rsquo;aise la jeune femme&amp;hellip;   Arrivée à un croisement, elle entendit des bruits de pas s&amp;rsquo;approchant d&amp;rsquo;elle. Eva se réfugia dans un coin d&amp;rsquo;ombre, et vit deux archéologues en train de porter une caisse vraisemblablement pleine de reliques au bureau de Von Heïzinger. Lorsqu&amp;rsquo;ils passèrent près d&amp;rsquo;elle sans pour autant la voir, elle comprit qu&amp;rsquo;elle n&amp;rsquo;était pas la seule à ressentir quelque chose d&amp;rsquo;étrange dans cette crypte.   « - Plus vite ces fouilles seront terminées, mieux ce sera, soupira l&amp;rsquo;un des deux archéologues. - Tu as raison, répondit son collègue. Cet endroit me file la chair de poule&amp;hellip; Et puis, l&amp;rsquo;équipe de la zone ouest raconte des trucs bizarres&amp;hellip; - Quel genre de trucs? - Ça fait deux jours qu&amp;rsquo;ils ne retrouvent pas trois de leurs gars de l&amp;rsquo;équipe de nuit&amp;hellip; Ils se posent des questions&amp;hellip; Ils parlent de malédiction&amp;hellip; - Malédiction? Tu parles! Ils ont dû réussir à se tirer, c&amp;rsquo;est tout! Si Zermann n&amp;rsquo;était pas tout le temps sur notre dos, ça fait longtemps que&amp;hellip; - Chut! Tu veux qu&amp;rsquo;il t&amp;rsquo;entende parler de désertion? »   Lorsque les deux archéologues s&amp;rsquo;éloignèrent suffisamment, Eva reprit son exploration. Sans un bruit, elle se dirigea vers l&amp;rsquo;ouest, là où ces « disparitions » ont eu lieu. Quelques minutes plus tard, au bout d&amp;rsquo;un couloir qui tournait sur la droite, l&amp;rsquo;Investigatrice s&amp;rsquo;arrêta à nouveau. Elle entendait une autre conversation, mais cette fois, elle connaissait les voix de ceux qui parlaient. Eva se plaqua au mur, s&amp;rsquo;approcha du coin et se risqua à jeter un coup d&amp;rsquo;&amp;oelig;il rapide sur la salle.   Le général Von Heïzinger était là, avec son fidèle lieutenant. Les cicatrices de Zermann avaient l&amp;rsquo;air de scintiller plus fortement que d&amp;rsquo;habitude. Von Heïzinger contemplait la salle où ils se trouvaient, littéralement fou de joie.   « - Alors, Karl? Vous le sentez vous aussi, n&amp;rsquo;est-ce pas? - Oui, général, répondit le lieutenant. Cette sensation&amp;hellip; C&amp;rsquo;est encore plus fort qu&amp;rsquo;à Patmos! - Tout ce pouvoir&amp;hellip; Cette puissance! L&amp;rsquo;arme absolue de notre Empire, enfin à portée de ma main! Je n&amp;rsquo;en peux plus d&amp;rsquo;attendre! - Patience, général. Ce n&amp;rsquo;est plus qu&amp;rsquo;une question d&amp;rsquo;heures à présent. - Oui, répondit Von Heïzinger en tentant de reprendre son calme, vous avez raison. Il mit la main dans sa poche et se tourna vers son lieutenant. Karl, quand le pentacle sera découvert, je veux que tous les archéologues évacuent le site. Je ne veux voir personne à proximité du Point Cardinal. Ces gratteurs ne sont bons que pour déblayer les restes, pas pour manipuler un tel pouvoir. - À vos ordres, herr general. Et pour l&amp;rsquo;Investigatrice? Elle est un problème, et ça ne va pas aller en s&amp;rsquo;arrangeant lorsque vous aurez découvert le pentacle. - La fraulein Krämer ne nous causera aucun souci, répondit le marquis sûr de lui. Elle sait à qui elle a à faire. Si elle est aussi intelligente qu&amp;rsquo;on le dit, elle ne viendra pas me déranger. Mais si jamais ça devait être le cas&amp;hellip; Vous saurez quoi faire, j&amp;rsquo;en suis certain. - Avec plaisir, général, dit Zermann avec un grand sourire. »   Lorsqu&amp;rsquo;elle entendit ces dernières paroles, Eva ne put s&amp;rsquo;empêcher d&amp;rsquo;avoir un mouvement de recul, et fit tomber une lampe posée à ses pieds, qui se brisa. Aussitôt, Zermann se retourna et se précipita vers la source du bruit. Arrivé au couloir, il distingua une silhouette s&amp;rsquo;enfuir. Furieux, le lieutenant se dirigea vers la sortie de la crypte. De son côté, Hermann Von Heïzinger, immobile et indifférent à ce qui se passait autour de lui, imaginait déjà sa victoire contre le reste du monde, une fois le pouvoir du Point Cardinal Obscur entre ses mains.   Arrivé à la chapelle, Zermann ne vit personne d&amp;rsquo;autre que le soldat Herz, qui se mit immédiatement au garde-à-vous devant lui. Le lieutenant grogna avant de faire face à l&amp;rsquo;adjudant.   « - Herz, quelqu&amp;rsquo;un est entré dans la crypte sans autorisation. Pourquoi ne pas m&amp;rsquo;avoir prévenu? - Mais, lieutenant, je n&amp;rsquo;ai vu entrer personne&amp;hellip; Herz était devenu pâle et tremblant. Vous&amp;hellip; Vous êtes sûr? - Ne me prenez pas pour un imbécile, Herz! Je sais qu&amp;rsquo;il y avait quelqu&amp;rsquo;un en bas! Vous l&amp;rsquo;avez laissée descendre, n&amp;rsquo;est-ce pas? - Q&amp;hellip; Qui ça? - Vous le savez, incapable! »   Ivre de colère, Zermann donna un coup de poing au pauvre adjudant, qui s&amp;rsquo;écroula pour le compte contre le mur. C&amp;rsquo;est le moment que choisit Eva pour apparaître dans la chapelle.   « - Mauvaise journée, on dirait, dit l&amp;rsquo;Investigatrice avec un sourire. Qu&amp;rsquo;est-ce que ce pauvre soldat a fait de mal? - Ne faites pas l&amp;rsquo;innocente, fraulein! Ce crétin vous a laissé fouiner dans la crypte, contrairement aux ordres du général! - Voyons, lieutenant Zermann, jamais je ne désobéirai à un ordre venant d&amp;rsquo;un officier supérieur, encore moins d&amp;rsquo;un général&amp;hellip; »   Eva s&amp;rsquo;approcha de Zermann et lui murmura:   « - Sachez néanmoins que je n&amp;rsquo;ai de comptes à rendre qu&amp;rsquo;à la feldmarshall Komstfelder et au Kaiser lui-même, et à personne d&amp;rsquo;autre. Est-ce clair? »   Eva tourna les talons et quitta la chapelle. Jusqu&amp;rsquo;à la sortie, elle pouvait sentir le regard noir et plein de rage que lui jetait Zermann.   ***   Un peu plus tard dans la soirée, Eva pensait encore à la conversation qu&amp;rsquo;elle avait surprise entre le général et son lieutenant. Elle déambulait sans but dans le château, réfléchissant à un moyen de neutraliser Von Heïzinger lorsque les choses iront trop loin. D&amp;rsquo;après l&amp;rsquo;Investigatrice, c&amp;rsquo;était inévitable: il faudrait tôt ou tard se débarrasser du général.   Soudain, elle vit Zermann se précipiter vers le bureau du général. Le lieutenant avait l&amp;rsquo;air inquiet, et cela ne lui ressemblait pas. Alors que Zermann entrait dans le bureau de Von Heïzinger, Eva saisit cette opportunité et descendit vers la chapelle. Là-bas, l&amp;rsquo;entrée de la crypte n&amp;rsquo;était même pas gardée. L&amp;rsquo;occasion était trop belle, et l&amp;rsquo;Investigatrice plongea une nouvelles fois dans les catacombes du château.   Dans les galeries, l&amp;rsquo;atmosphère semblait encore plus oppressante que lors de la dernière visite d&amp;rsquo;Eva. Elle arriva jusqu&amp;rsquo;à une salle où tout un groupe d&amp;rsquo;archéologues était réuni.   « - Que se passe-t-il ici? »   Lorsqu&amp;rsquo;ils entendirent Eva s&amp;rsquo;adresser à eux, quelques scientifiques sursautèrent. En voyant l&amp;rsquo;Investigatrice, ils s&amp;rsquo;écartèrent pour lui faire place. Ce qu&amp;rsquo;Eva vit alors, elle ne serait pas prête à l&amp;rsquo;oublier de sitôt. Trois archéologues gisaient contre la paroi de la galerie. À dire vrai, on aurait plutôt dit qu&amp;rsquo;ils avaient fusionné avec la roche, comme des momies prisonnières de cette crypte. L&amp;rsquo;expression de terreur gravée à jamais sur les visages des malheureux, leurs grands yeux exorbités&amp;hellip; À la vue de cette horreur, Eva sentit une sueur froide couler le long de son dos. Tout autour d&amp;rsquo;elle, les archéologues étaient de plus en plus agités et effrayés. La voix du général résonna alors dans la galerie comme un coup de tonnerre.   « - Alors, pourquoi avez-vous arrêté le travail? Le général remarqua alors la présence d&amp;rsquo;Eva. Fraulein Krämer, vous, ici&amp;hellip; Quelle surprise! - Vous n&amp;rsquo;avez rien à faire ici, sale fouineuse! Remontez tout de suite au château, sinon&amp;hellip; - Ça ira, Karl, l&amp;rsquo;interrompit Von Heïzinger. Maintenant que notre Investigatrice est là, elle n&amp;rsquo;a qu&amp;rsquo;à rester. Cela n&amp;rsquo;est pas si grave&amp;hellip; - Mais, herr general, commença à répliquer le lieutenant, partagé entre sa colère contre Eva et l&amp;rsquo;incompréhension devant l&amp;rsquo;attitude du marquis&amp;hellip; - Laissez donc, Karl. Tout va bien. - Oui, lieutenant, laissez-moi, dit Eva d&amp;rsquo;un ton moqueur. Ce qui se passe ici est bien plus important, ajouta-t-elle avec gravité. »   Zermann marmonna quelque chose, mais il se tût. Le général avança vers le groupe d&amp;rsquo;archéologues, et examina les trois nouvelles momies emprisonnées dans la pierre. Eva restait immobile devant le général, préférant attendre de voir la situation évoluer avant d&amp;rsquo;intervenir. Quelques instants plus tard, le regard de Von Heïzinger revint aux scientifiques.   « - Bien&amp;hellip; Voilà un événement malheureux, mais nécessaire, dit le général d&amp;rsquo;une voix calme, sans aucune émotion. Nous ne sommes ici que pour un seul but: notre mission. Alors, oubliez ça et retournez à votre travail. - Non! »   L&amp;rsquo;homme qui venait de s&amp;rsquo;exprimer était un des chefs d&amp;rsquo;équipe des archéologues. Ses collègues le laissèrent passer pour faire face au général, qu&amp;rsquo;il fixa derrière ses lunettes avec une détermination farouche.   « - Ce n&amp;rsquo;était pas un souhait, professeur Schäfer, c&amp;rsquo;était un ordre, dit le général d&amp;rsquo;un ton ferme. - Herr general, il est hors de question que nous continuions à travailler ici. Ne voyez-vous pas ce qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;est passé? Trois hommes sont morts! Ils ont littéralement fusionné avec la roche! Que pensez-vous qu&amp;rsquo;il va arriver si nous poursuivons nos fouilles? Cet endroit est maudit! - Voyons, herr professor, ne vous laissez pas aller à de vulgaires superstitions, répliqua Von Heïzinger en riant. Vos collègues auront déclenché un piège qui leur a été fatal, voilà tout! S&amp;rsquo;ils avaient été vraiment compétents, ils seraient encore en vie! »   Un autre archéologue s&amp;rsquo;approcha à son tour et se plaça aux côtés de Schäfer. Il semblait très nerveux, les poings fermés, la voix tremblante.   « - Je suis le professeur Zweiter, herr general, et je connaissais personnellement ces hommes, dit l&amp;rsquo;archéologue, visiblement outré par les paroles de Von Heïzinger. Ils travaillaient dans mon équipe, dans la zone ouest. C&amp;rsquo;étaient de grands professionnels, extrêmement compétents. Je ne vous permets pas&amp;hellip; - Vous ne me permettez pas? La voix du général se fit plus forte. Savez-vous à qui vous êtes en train de parler? Je suis le marquis-général Hermann Von Heïzinger, commandant de la 13ème Division Occulte de l&amp;rsquo;Obscura Korps! N&amp;rsquo;oubliez pas qui je suis! - Il n&amp;rsquo;empêche que Schäfer a raison, général, insista Zweiter, nous ne pouvons plus rester ici! Cet endroit est dangereux! Nous allons&amp;hellip; »   Deux coups de feu retentirent. Zweiter ne termina jamais sa phrase. Il s&amp;rsquo;écroula presque en même temps que le professeur Schäfer. Zermann rengaina son arme encore fumante, au milieu des cris de panique des archéologues. Le lieutenant regardait l&amp;rsquo;Investigatrice avec un air de défi et bloquait la seule issue vers la sortie, obligeant les autres scientifiques à rester pour contempler son &amp;oelig;uvre. C&amp;rsquo;en était trop pour Eva.   « - Général, comment avez-vous pu laisser faire cela? C&amp;rsquo;est intolérable! - Vous avez raison, fraulein Krämer, répondit Von Heïzinger avec un sourire mauvais, il est intolérable de voir que ces hommes appelaient à la désertion&amp;hellip; Ils ont été punis en conséquence. - Mais vous êtes devenu fou! Eva n&amp;rsquo;en croyait pas ses oreilles. Comment pouvez-vous dire cela? - Je vous conseille de choisir avec plus de précautions les mots que vous utilisez, fraulein, murmura le général dans un souffle afin qu&amp;rsquo;elle seule entende sa réponse, si vous tenez à être là le jour de mon triomphe. »   Eva fût paralysée. Il la menaçait directement, cette fois! Depuis Ksiaz, l&amp;rsquo;Investigatrice se doutait que Von Heïzinger avait dépassé certaines limites, mais alors qu&amp;rsquo;elle regardait ces yeux froids et perçants, elle réalisa que le marquis était définitivement perdu&amp;hellip; Von Heïzinger détourna enfin le regard et s&amp;rsquo;adressa aux archéologues, encore pétrifiés de peur devant Zermann et les cadavres de Schäfer et Zweiter.   « - Le travail que nous faisons ici marquera un tournant dans l&amp;rsquo;histoire du monde, commença le général devant une assemblée silencieuse et terrorisée. Nous ne reculerons pas sous prétexte que deux ou trois malheureux ont été trop stupides pour manipuler des choses qui les ont dépassé! Pour la gloire du Reich, nous irons au bout de cette mission! Pour le Kaiser! »   Les archéologues se mirent au garde-à-vous presque instantanément, de peur que Zermann ne punisse à nouveau d&amp;rsquo;éventuels retardataires. Le général sourit devant la terreur qu&amp;rsquo;inspirait son lieutenant avant de reprendre son discours.   « - Si vous tenez tant que cela à quitter cet endroit, dit-il d&amp;rsquo;un ton moqueur, je vais vous exaucer: à partir de maintenant, je veux que les cadences de travail soient doublées. Plus vite nous aurons terminé, plus vite vous rentrerez chez vous! Mais la prochaine fois que j&amp;rsquo;entends parler de désertion, je laisserai le lieutenant Zermann prendre son temps avec les contestataires&amp;hellip; À présent, mettez une bâche sur ça, dit-il en désignant les trois hommes emmurés, et retournez à votre travail! »   Certains scientifiques jetèrent un bref regard au lieutenant, et beaucoup frissonnèrent à l&amp;rsquo;idée que Zermann s&amp;rsquo;occupe de leur cas. Plus effrayés par le lieutenant à présent, plutôt que par les cryptes maudites du château, les archéologues se dispersèrent lentement vers leurs zones de travail. Zermann partit surveiller l&amp;rsquo;équipe de la zone ouest, alors que Von Heïzinger sortit des cryptes avec Eva. Le général ne s&amp;rsquo;était pas arrêté de sourire depuis la fin de son discours, satisfait d&amp;rsquo;avoir fait reprendre le travail aux archéologues et sans aucune autre pensée pour le reste. L&amp;rsquo;Investigatrice, elle, voyait sans cesse défiler les images de cette crypte maudite, de ces trois hommes retrouvés momifiés dans la galerie, de Schäfer et Zweiter froidement exécutés par Zermann, et de l&amp;rsquo;attitude du général, qui se moquait du sort de ses propres hommes. Lorsque sans un mot, elle quitta le général pour rejoindre ses quartiers, Eva ne pensait qu&amp;rsquo;à une chose: il fallait de toute urgence stopper Von Heïzinger&amp;hellip;   À suivre&amp;hellip;     Retour au premier chapitre :  Retour au deuxième chapitre: La découverte de l'amulette  Retour au chapitre 3 : Fermeture définitive   Retour au chapitre 4 : Furie déchaînée   Retour au chapitre 5 : Méfiance </description>
            <author>Tannhauser</author>
            <pubDate>Mon, 10 Dec 2007 15:31:04 +0100</pubDate>
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            <title>Background Communautaire</title>
            <link>http://tannhauser-thegame.com/ixm_ixpforces.php?file=article&amp;story_id=41</link>
            <description>Bienvenue dans la section du Background Communautaire. C'est ici que vous trouverez les meilleurs textes écris par les joueurs sur l'univers de Tannhäuser. Plongez dans ces fabuleuses aventures et si la plume vous en dit, faites-nous parvenir vos histoires. Avec un peu de chance, l'Etat Major les officialisera.  Bonne lecture à tous !   Ex-Libris Quelques extraits choisis   </description>
            <author>Tannhauser</author>
            <pubDate>Fri, 09 Nov 2007 21:26:32 +0100</pubDate>
        </item>
        <item>
            <title>Chapitre 5</title>
            <link>http://tannhauser-thegame.com/ixm_ixpforces.php?file=article&amp;story_id=40</link>
            <description>Opération Lampedosa Chapitre 5 (Watchman).    Via Tortuga &amp;ndash; Lampadosa, le 20.08.1948 à 5h40     Garrett, lové dans la pénombre protectrice, tentait de reconstituer les évènements qui venaient de se dérouler de l&amp;rsquo;autre côté du mur, à quelques pas de lui. Il y avait d&amp;rsquo;abord eu les détonations qu&amp;rsquo;il attribuait à l&amp;rsquo;arme de Mac Neal, un bruit sourd de chute puis le claquement sec des salves d&amp;rsquo;une arme automatique. Il ignorait tout du sort de son capitaine, mais les cris sauvages et le silence profond qui avaient suivi, à peine troublé par quelques gargouillements gutturaux, lui laissait présager le pire.  Absorbé par ses réflexions, il ne discerna que tardivement des bruits de course avant de réaliser qu&amp;rsquo;un groupe de plusieurs hommes se dirigeait vers lui. Cherchant une échappatoire pour éviter cette rencontre fatale, son salut vint du ciel lorsqu&amp;rsquo;il repéra un petit balcon au premier étage du modeste immeuble qui faisait face à leur objectif.  Se propulsant avec souplesse vers les barreaux de métal noir, il parvint, d&amp;rsquo;une traction, à se hisser à hauteur du garde fou avant de se laisser glisser sur la céramique du sol, cherchant à en épouser les contours. Cependant, ses craintes s&amp;rsquo;estompèrent lorsqu&amp;rsquo;il prit la mesure de l&amp;rsquo;affolement des militaires qui évoluaient sans précaution à quelques mètres de lui.  Visiblement, les forces du Reich étaient en train de fléchir sous l&amp;rsquo;assaut répété de la machine de guerre unioniste car ceux qui venaient de passer, loin de rejoindre la zone de l&amp;rsquo;affrontement, fuyaient vers le désert.  Après être redescendu avec précaution, il se décida finalement à pénétrer dans cette maudite bâtisse à l&amp;rsquo;intérieur de laquelle il avait trop vite accepté que Mac Neal pénètre seul. Isolé, il ne lui restait plus qu&amp;rsquo;à tenter l&amp;rsquo;impossible pour retrouver son compagnon d&amp;rsquo;armes, en priant pour que l&amp;rsquo;offensive de l&amp;rsquo;Union se termine rapidement.  Le soldat longea les quelques mètres qui le séparaient du pignon nord de la maison et de son accès principal. Attentif à son environnement, il releva que la ruelle était désormais déserte mais nota toutefois que les bruits des combats s&amp;rsquo;intensifiaient et se rapprochaient. A croire que les premières troupes d&amp;rsquo;assaut du MSF avait pénétré l&amp;rsquo;enceinte protectrice du petit port de pêche !  Abordant l&amp;rsquo;angle du bâtiment, son attention fut mobilisée par un autre son mat, sans écho, en provenance du patio. Saisi par l&amp;rsquo;incertitude, craignant l&amp;rsquo;apparition de nouveaux ennemis, il s&amp;rsquo;accroupit en fixant longuement le canon de son arme, tentant d&amp;rsquo;effacer toute pensée négative de son esprit.  Progressivement, un grand calme s&amp;rsquo;installa en lui. Il rengaina son pistolet et sortit un poignard de son fourreau tout en évoluant vers le battant de bois et une fenêtre attenante. La rue légèrement plus large qu&amp;rsquo;il empruntait désormais ne semblait pas recéler d&amp;rsquo;avantage de vie que les axes voisins. Il en déduisit que la population avait du fuir la proximité de cette batterie de la Flak, craignant d&amp;rsquo;éventuelles destructions.  Sa grande lame s&amp;rsquo;introduisit sans difficulté entre la pierre et le large volet et Garrett commença à faire levier pour essayer de dégonder l&amp;rsquo;huis le plus discrètement possible. Néanmoins, il fut rapidement entravé dans son action par diverses planches cloutées à même la maçonnerie.  Alors qu&amp;rsquo;il entamait son travail de sape, désagrégeant avec précaution les joints entre les pierres pour en extraire quatre pointes métalliques profondément enchâssées, il perçut le grincement discret du métal puis le cliquetis d&amp;rsquo;une serrure réfractaire&amp;hellip;quelqu&amp;rsquo;un tentait d&amp;rsquo;ouvrir la porte !  Le commando se rabattit contre le mur, prêt à jaillir, et replia mécaniquement son bras droit sur sa poitrine haletante, la lame pointée vers la rue.  *********  « John, John&amp;hellip; »  Harcelé par cette présence qui s&amp;rsquo;acharnait à peser sur son épaule endolorie, Mac Neal se recula avec agacement, avant de sursauter en réalisant qu&amp;rsquo;il n&amp;rsquo;était plus seul. Dans l&amp;rsquo;obscurité légère des lieux, il eut du mal à reconnaître l&amp;rsquo;homme qui se dressait devant lui.  Les souvenirs refluèrent d&amp;rsquo;un coup et il se rappela le Panzer, la cuisine, le jeune allemand et enfin l&amp;rsquo;abandon. Planté à ses pieds, Garrett l&amp;rsquo;observait avec attention et inquiétude, ne sachant comment apprécier la torpeur de son supérieur, totalement inédite.  Bien décidé à ne plus fuir l&amp;rsquo;épreuve de la réalité dans les méandres de son esprit, John Mac Neal se redressa en jouant des coudes. Il jeta un regard circulaire autour de lui, à la lumière d&amp;rsquo;une lanterne posée sur la table, à l&amp;rsquo;intérieur de laquelle brûlait joyeusement une courte mèche. La pièce semblait avoir été fouillée et il en eut la confirmation en voyant son compagnon mastiquer avec ardeur un morceau de pain.  Tendant une gourde d&amp;rsquo;eau à Mac Neal, Garrett tapa sans ménagement dans le dos de son ami.  - « John, tu m&amp;rsquo;as fait une sacrée frayeur. Je croyais bien que j&amp;rsquo;allais devoir ramener ta plaque, comme celle des autres. Mais qu&amp;rsquo;est-ce que tu as fichu ?». - « On parlera de tout çà plus tard, Garrett. Je vais bien et toi aussi, c&amp;rsquo;est l&amp;rsquo;essentiel. Peux-tu me dresser un topo ? »   Le commando Delta évoqua rapidement les quelques évènements passés, avant d&amp;rsquo;insister sur les probables évolutions de la situation.  - «  Je propose qu&amp;rsquo;on tente de couper à travers les poches de résistance ennemies pour rejoindre nos gars. Si j&amp;rsquo;ai raison, ils devraient déjà évoluer vers nous, à l&amp;rsquo;intérieur de la bourgade. »  John Mac Neal opina.  - « De toute façon, c&amp;rsquo;est le moyen le plus rapide de savoir si les sbires de l&amp;rsquo;Obscura Korps sont parvenus à quitter l&amp;rsquo;île avec leur étrange chargement. »  Après avoir pris quelques instants pour se restaurer et se réarmer avec diverses prises de guerre, les deux hommes quittèrent les lieux. Arrivés dans le hall, le regard du capitaine Mac Neal fut capté par une épaisse traînée de sang qui traversait le couloir depuis la porte d&amp;rsquo;entrée jusqu&amp;rsquo;à une pièce voisine.  Pénétrant dans l&amp;rsquo;espace réduit, il manqua de trébucher sur la masse inerte du corps de Werther Lipsky. Les yeux révulsés, le cou largement ouvert et les vêtements imbibés de son propre sang, l&amp;rsquo;adolescent offrait un pitoyable spectacle. Garrett avait agi avec grand professionnalisme en lui perforant la poitrine d&amp;rsquo;un premier coup profond, avant de l&amp;rsquo;égorger d&amp;rsquo;un trait vif pour éviter tout cri.  Mac Neal se retourna vers son subordonné, nauséeux et prêt à dénoncer les terribles extrémités qu&amp;rsquo;imposait la guerre. Le regard que lui rendit Garrett, vide de toute émotion, le dissuada d&amp;rsquo;une telle entreprise. Après tout, chacun disposait de son destin et les souffrances du jeune Werther lui étaient sans doute étrangères.  Une fois sortis, le capitaine admira un instant la voûte étoilée avant de suivre le pas de son binôme.     Poste de contrôle n°3 - Lampadosa, le 20.08.1948 à 6h20      Une guérite avait été renversée et venait désormais offrir une protection supplémentaire contre les munitions des troupes de l&amp;rsquo;Union. Au-delà, retranchés derrière de nombreux sacs de sable ravagés par les combats, la puissante mitrailleuse MG 42 et ses servants offraient une résistance désespérée face à l&amp;rsquo;envahisseur.  Plusieurs corps déchiquetés, éparpillés sur les pavés de la place jalousement veillée par cette arme de mort, soulignaient l&amp;rsquo;habilité de son tireur. Un peu plus loin, deux véhicules calcinés semblaient servir de havre précaire pour les quelques militaires du 42ème qui restaient indécis sur la tactique à adopter pour déborder ce nid de mitrailleuse.  Dissimulés derrière un imposant panneau indicateur en bois, fraîchement posé par les hommes du Reich à l&amp;rsquo;angle d&amp;rsquo;un proche entrepôt, les deux soldats évaluaient les différentes options qui s&amp;rsquo;ouvraient à eux. Leur position, légèrement en retrait, leur offrait l&amp;rsquo;avantage certain de pouvoir aborder les trois Shocktruppen par le flanc, de les surprendre alors qu&amp;rsquo;ils se concentraient sur la mire de leur canon.  Soudain, dans une vibration accompagnée d&amp;rsquo;une courte déflagration, une partie des protections allemandes se volatilisèrent littéralement. Une profonde surprise se marqua sur le visage des deux soldats du Reich occupés à préparer de nouvelles munitions pour l&amp;rsquo;arme lourde. Confondus par cet évènement imprévu, ils mirent un moment à s&amp;rsquo;apercevoir que leur troisième compagnon se maintenait impassible, assis sur une caisse. Criant leur surprise, l&amp;rsquo;un d&amp;rsquo;eux le saisit par le bras pour l&amp;rsquo;entraîner à l&amp;rsquo;abri, hors de cette nouvelle ligne de tir des hommes de l&amp;rsquo;Union.  Il stoppa son mouvement lorsqu&amp;rsquo;il découvrit le visage à moitié dissous de son camarade, comme gommé, les rebords de la plaie parfaitement cautérisés. Le mort s&amp;rsquo;écroula lourdement aux abords du trépied, son crâne ouvert laissant généreusement s&amp;rsquo;échapper sang et matières cervicales.  MacNeal ne pu réfréner un sourire en découvrant la scène. Il n&amp;rsquo;aurait même pas rêvé que ces petits bijoux de technologie puissent arriver jusqu&amp;rsquo;ici, mais pourtant le trait d&amp;rsquo;énergie qui venait d&amp;rsquo;emporter os et chairs aussi aisément portait sa signature. Il se mit à rechercher d&amp;rsquo;où ce fameux Flashgun avait pu être utilisé. Au vu de la zone d&amp;rsquo;impact, il était probable qu&amp;rsquo;il ait été activé par l&amp;rsquo;un de ceux qui se terraient à l&amp;rsquo;autre bout de la place.  Hagards, les survivants ne savaient visiblement comment réagir face à cette nouvelle menace. Terrifiés à l&amp;rsquo;idée d&amp;rsquo;être emportés par l&amp;rsquo;anti-matière, ils commencèrent à refluer vers l&amp;rsquo;arrière de leur position. Emergeant des empilements de toiles de jute, ils n&amp;rsquo;eurent pas le temps de voir les bouches sombres de deux MP 40 cracher des flammes dans leur direction. Exaltés par la peur abjecte de leurs adversaires, le couple de Marines sortit de sa retraite en arrosant la position de l&amp;rsquo;Obscura Korps. Littéralement fauchés par les ogives d&amp;rsquo;acier, les deux corps s&amp;rsquo;écroulèrent au bout de quelques pas timides et tels des pantins désarticulés, se mirent à sursauter sous l&amp;rsquo;assaut des derniers projectiles.  - « Qui va là ! »  Dans le silence abrutissant qui avait suivi la fusillade, Mac Neal comprit que c&amp;rsquo;était à eux que s&amp;rsquo;adressait cette voix à l&amp;rsquo;inimitable accent du Tennessee.  - « Capitaine Mac Neal, Caporal Garrett du 42ème. On va s&amp;rsquo;approcher de vous les mains bien en vue. Alors pas de bêtise les gars, on est de votre côté ! »  Posant leurs armes encore chaudes, les deux compagnons contournèrent avec précaution l&amp;rsquo;abri ennemi désormais déserté et entamèrent la traversée de la place avec appréhension. La tension générée par les combats pouvait facilement faire basculer l&amp;rsquo;un d&amp;rsquo;entre eux et ils entendaient presque l&amp;rsquo;air siffler au son des balles alliées. Mais rien ne se produisit et ils parvinrent finalement aux abords de ces abris de fortune, constitués de tôles noircies et tordues.  Derrière cet amas informe, quatre jeunes hommes les observaient avec un mélange d&amp;rsquo;incompréhension et d&amp;rsquo;hostilité. Le capitaine Mac Neal remarqua immédiatement, à leurs uniformes, que ces militaires appartenaient à un groupe d&amp;rsquo;Alpha, commandos souvent associés aux opérations les plus sensibles. Il savait également que leur engagement sur des théâtres difficiles leur valait la réputation d&amp;rsquo;être des durs à cuire, se vantant d&amp;rsquo;être équipés des derniers gadgets de la Division des Sciences Appliquées.  Il sourit intérieurement lorsqu&amp;rsquo;un l&amp;rsquo;un d&amp;rsquo;entre eux, un sous-officier, qui le visait sans aménité avec son Flashgun s&amp;rsquo;adressa à lui pour qu&amp;rsquo;il détaille leur situation.  - « Amenez-nous à votre commandement et nous fournirons tous les détails voulus » lâcha simplement John Mac Neal en soutenant le regard de son interlocuteur.  Le sergent Stunt, pour toute réponse, les repoussa contre un mur avant, qu&amp;rsquo;en réponse à un geste de la tête, un de ses subordonnés ne les fouillent, les délestant de leurs équipements. Les mains liées dans le dos, ils purent enfin s&amp;rsquo;asseoir pour attendre que leur sort ne soit tranché. Les échos d&amp;rsquo;une communication radio leur parvinrent, sans qu&amp;rsquo;ils puissent saisir l&amp;rsquo;identité de l&amp;rsquo;interlocuteur, dont la voix était modifiée par les ondes, ni le contenu de l&amp;rsquo;échange.  Rapidement, les silhouettes de nouveaux soldats de l&amp;rsquo;Union commencèrent à se dessiner à quelques encablures de là, évoluant prudemment le long de l&amp;rsquo;artère qui menait jusqu&amp;rsquo;à leur position. Visiblement soucieux d&amp;rsquo;éviter tout sniper embusqué, ils donnaient l&amp;rsquo;impression de progresser en une succession chaotique de ralentis et d&amp;rsquo;accélérés, en suivant des diagonales sans fin.  *********  Laissant les quatre Alpha à leur lente et dangereuse progression, Mac Neal et Garrett, tels deux prisonniers de guerre, refluèrent vers la partie basse de la ville, à destination du port. Leurs nouveaux accompagnateurs, ils le savaient, respectaient un protocole dédié au traitement des prisonniers et ils ne cherchèrent même pas à les convaincre de leur identité. A leur place, ils n&amp;rsquo;auraient jamais prêté attention à de tels atermoiements !  Alors que le ciel s&amp;rsquo;éclaircissait progressivement et que les derniers vrombissements de l&amp;rsquo;aviation se laissaient happer par l&amp;rsquo;horizon, ils notèrent que le fracas des combats s&amp;rsquo;essoufflait un peu partout autour d&amp;rsquo;eux.      Via Electa - Lampadosa, le 20.08.1948 à 7h15.     La respiration coupée par leurs entraves, cheminant péniblement par des voies détournées, ils commencèrent à croiser des détachements unionistes, tout en relevant que les bâtiments portaient les stigmates encore fumants de farouches engagements. Au vu de l&amp;rsquo;attitude de leurs gardes, ils se convainquirent néanmoins que les zones atteintes devaient être désormais contrôlées et sécurisées. Se congratulant de ce retournement de situation impromptu, ils ne remarquèrent pas, au détour d&amp;rsquo;un édifice, qu&amp;rsquo;ils étaient arrivés à destination.  Le bassin de pêche ne prêtait désormais plus à confusion avec une scène de carte postale. Les digues avaient été pulvérisées sous les coups répétés des obus tirés depuis le large. La plupart des maisons se résumaient à de sommaires tas de ruines et l&amp;rsquo;Eglise Saint Marie de Lampadouse, relativement préservée, apparaissait comme miraculée au milieu de ces monuments infirmes. L&amp;rsquo;eau était elle-même couverte de traces vaporeuses de carburants qui s&amp;rsquo;écoulaient encore, enflammés, des coques éventrées de nombre de navires allemands restés à quai.  Les cadavres ne se comptaient plus, tant civils que militaires et en dépit des efforts des nouveaux occupants afin de les regrouper et d&amp;rsquo;éviter la propagation de problèmes sanitaires, d&amp;rsquo;innombrables corps, épars, continuaient de décorer le site. Visiblement, l&amp;rsquo;importance des forces engagées avait permis d&amp;rsquo;éviter la fuite des affidés du Reich&amp;hellip;mais malgré cela, le navire amiral de cette flottille maudite n&amp;rsquo;était plus présent.  C&amp;rsquo;était pourtant à son bord que la statue du démon avait été embarquée. Ainsi, ses hommes seraient morts en vain !  Une voix sortit Mac Neal de ses tristes pensées&amp;hellip;mais à qui cette intonation familière pouvait-elle appartenir ? Tournant la tête, il fut forcé au silence en découvrant l&amp;rsquo;officier noir qui lui faisait face.  - « Une promesse se doit être tenue MacNeal et celle-ci valait bien quelques sacrifices, non ? »  Le Commandant Calhoun, la face fendue en un large sourire, déboucha une flasque que John Mac Neal reconnut immédiatement.       Pour naviguer dans l'histoire suivez ces liens : - Chapitre 1 - Chapitre 2 - Chapitre 3 - Chapitre 4 - Chapitre 6 </description>
            <author>Tannhauser</author>
            <pubDate>Fri, 09 Nov 2007 18:59:38 +0100</pubDate>
        </item>
        <item>
            <title>Chapitre 4</title>
            <link>http://tannhauser-thegame.com/ixm_ixpforces.php?file=article&amp;story_id=39</link>
            <description>Opération Lampedosa Chapitre 4 toujours par Watchman.    Sanctuaire-prison de Lug&amp;rsquo;oss, le 20.08.1948 à 4h15     John MacNeal tenta d&amp;rsquo;ouvrir les yeux, aveuglés par la lumière vive du retour de flamme. Il perçut un battement sourd et comprit que son c&amp;oelig;ur se contractait encore...  Il ne comprenait pas. Pourtant, elle l&amp;rsquo;avait tué !  Se sentant étouffer sous le poids de la dépouille de Kowalsky, il se mit à repousser avec difficulté les membres qui l&amp;rsquo;entravaient. Finalement, le corps bascula et il pu se redresser. Il se palpa mais ne trouva trace d&amp;rsquo;aucune nouvelle blessure. Sa visibilité toujours réduite par l&amp;rsquo;épaisse poussière, qui commençait néanmoins à retomber au sol, il découvrit alors la destination de la balle qui l&amp;rsquo;avait mystérieusement épargné.  Un trou discret, accompagné d&amp;rsquo;un léger écoulement de sang, était apparu au sommet de la clavicule gauche de son compagnon décédé.  Affûté par des années de conflit, John MacNeal savait qu&amp;rsquo;il lui fallait partir sans attendre, de peur d&amp;rsquo;être découvert et abattu, à coup sûr, par des adversaires trop nombreux. Il reprit, courbé en deux, le couvert des stalagmites et commença à arpenter les tunnels en se soutenant à la roche. Il entendait les premières exclamations de voix au loin et commençait à rechercher un abri, lorsqu&amp;rsquo;il buta sur son matériel abandonné...  Il revêtit dans l&amp;rsquo;urgence l&amp;rsquo;appareillage du Schocktruppen et se laissa choir dans un renfoncement. Quelques instants plus tard, plusieurs de ses « camarades » passèrent, sans le remarquer, visiblement désireux de rejoindre la zone qu&amp;rsquo;il venait de quitter. A peine disparus, le capitaine se releva et poursuivi sa route, d&amp;rsquo;une démarche hésitante.  Un nouveau corridor... un ronflement léger lui fit tourner la tête. Il lui semblait que le bruit provenait d&amp;rsquo;une de ces niches tombeaux garnissant les parois. Se baissant, il devina une présence. La masse inerte n&amp;rsquo;était autre que Von Gelstaff !  MacNeal tira violemment l&amp;rsquo;épais officier par un bras, sans soulever la moindre protestation de sa part. Il semblait fort mal en point, l&amp;rsquo;uniforme déchiqueté et brûlé, une cheville garrottée de laquelle pendait des vestiges de peau. Il agrippa l&amp;rsquo;Oberst pour le redresser avant de le traîner à ses côtés en direction de la sortie.  Comme il s&amp;rsquo;y attendait, plusieurs de ses gardes se manifestèrent lorsqu&amp;rsquo;ils entrèrent dans le vestibule circulaire qui permettait de remonter vers l&amp;rsquo;église. Très soulagés de retrouver leur chef en vie, ils se saisirent du précieux fardeau et l&amp;rsquo;un d&amp;rsquo;entre eux, sans doute spécialisé dans les soins, se mit à lui prodiguer les premiers secours.  La configuration des lieux était assez sommaire et il comprit que seuls les axes principaux étaient desservis. De ce fait, il pouvait progresser assez simplement en direction de l&amp;rsquo;église. Peut-être celle qu&amp;rsquo;ils avaient évoquée lors de leurs préparatifs !  Alors que John MacNeal allait se glisser sur les premiers barreaux de l&amp;rsquo;échelle, ignoré par des soldats certains d&amp;rsquo;avoir sauvé leur propre vie en préservant celle de leur maître, il ne fit pas attention à ces mots secs lâchés dans son dos. Il sentit une main se poser sur son dos. Il se retourna pour constater que l&amp;rsquo;orateur, un lieutenant, s&amp;rsquo;adressait en fait à lui. Totalement hermétique à la langue de Wagner, il ne chercha pas à faire perdurer la duperie. Profitant de ce que celui qui lui parlait se trouvait à proximité, il lui colla son .45, ostensiblement, sur la tempe, avant de le ramener à lui d&amp;rsquo;un geste sûr.  Tous s&amp;rsquo;immobilisèrent !  D&amp;rsquo;une phrase glissée à l&amp;rsquo;oreille, MacNeal su que son otage comprenait l&amp;rsquo;anglais et il lui intima de monter à sa suite et d&amp;rsquo;ordonner à ses sbires de rester à leur place. Gustav Kellerman traduisit sans hésiter et ajouta avec arrogance que la vie de leur Oberst primait sur la sienne.  Alors que les deux hommes commençaient à grimper à reculons, John Mac Neal remarqua que trois des Schocktruppen empoignaient Von Gelstaff pour le porter délicatement hors de sa vue. Restaient quatre commandos, en bas, qui observaient leur ascension, dans l&amp;rsquo;attente de la moindre erreur de sa part.  A peine le corps exsangue du haut gradé disparu derrière l&amp;rsquo;avancée d&amp;rsquo;un long couloir, les quatre prédateurs aux yeux de hibou actionnèrent leurs armes pour pulvériser la paroi autour d&amp;rsquo;eux. Le corps trépidant sous les impacts, le Schocktruppen qui l&amp;rsquo;accompagnait lui offrit la protection nécessaire pour qu&amp;rsquo;il puisse se hisser, sauf, hors du large puits.  L&amp;rsquo;édifice, vidé de ses autres occupants, se mit à résonner à l&amp;rsquo;unisson des premières bombes qui étaient en train de frapper les environs. Des vitraux volèrent en éclats et une pluie de verre tomba sur les profanes, créant la confusion, alors que des éclats se fichaient en tous lieux, sans discrimination.  Se préservant le visage de son bras engourdi, Mac Neal renversa l&amp;rsquo;échelle pour s&amp;rsquo;octroyer un court répit. Dans un même geste, il arracha son dernier bâton de dynamite de sa ceinture, l&amp;rsquo;alluma à l&amp;rsquo;aide de sa main valide et le projeta à ses pieds avant qu&amp;rsquo;il ne sombre, ricochant, dans la cavité.  Rampant, il s&amp;rsquo;éloigna aussi vite que le lui permettait son organisme fatigué, avant de se retrouver subitement propulsé dans les airs lorsque l&amp;rsquo;engin explosa à proximité des autres bâtons, tombés là, créant un feu d&amp;rsquo;artifice monstrueux. Il rebondit, roula jusqu&amp;rsquo;à ce qu&amp;rsquo;un banc stoppe sa trajectoire.   De longues minutes s&amp;rsquo;écoulèrent avant que le bourdonnement de ses oreilles, tel le vol agaçant d&amp;rsquo;un insecte, ne le ramène à la conscience. Un rapide examen de sa position lui permit de découvrir qu&amp;rsquo;il avait été relativement préservé des derniers évènements. Au-delà d&amp;rsquo;un poignet foulé et de trois ou quatre coupures plus ou moins profondes, il n&amp;rsquo;avait rien de cassé, ou plutôt rien de plus que la dernière fois qu&amp;rsquo;il avait compté ses os !  Dehors, les fracas des combats continuaient de s&amp;rsquo;intensifier et aux premiers raids aériens, John MacNeal nota que s&amp;rsquo;ajoutait désormais le pilonnage de plusieurs canonnières.  Il évolua lentement jusqu&amp;rsquo;au bout de la travée où il avait atterri et écouta attentivement le moindre bruit. Mais il ne pouvait réellement apprécier s&amp;rsquo;il était seul, du fait de cet écho incessant qui trottait dans sa tête. Il lui semblait juste que l&amp;rsquo;Eglise était une sorte de havre préservé du pire mais qu&amp;rsquo;une fois passées ses portes, il retrouverait la guerre.  Vérifiant l&amp;rsquo;état de ses munitions, le capitaine se redressa, agenouillé, et balaya l&amp;rsquo;espace du canon de son pistolet. Rien ne semblait avoir survécu à la terrible déflagration et lorsqu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;approcha prudemment du transept meurtri, il releva que l&amp;rsquo;excavation avait été partiellement ensevelie sous des pierres et les grilles du choeur.  Sans attendre, le capitaine MacNeal reflua vers le portail principal en empruntant une nef latérale. A mi-parcours, il constata la présence d&amp;rsquo;un talkie-walkie posé sur le fond baptismal. Après avoir vérifié son bon fonctionnement, il essaya de retrouver la fréquence dédiée à leur mission.  - « DELTA2, ici DELTA1, demande de transmission ! DELTA2, ici DELTA1, demande de transmission ! »  Le silence, accompagné de grésillements, fut sa seule réponse.  Passant la bretelle de la radio autour de sa poitrine, il en profita pour se défaire de tout ce qui aurait pu rappeler qu&amp;rsquo;il s&amp;rsquo;était travesti en Schocktruppen.  - « DELTA1, bon dieu, ici DELTA2, où êtes-vous ? »   C&amp;rsquo;était la voix de Garrett !  - « DELTA2, il faut qu&amp;rsquo;on converge. Pouvez-vous me rejoindre là&amp;hellip;où ceux qui croyaient partageaient un même lieu ? » - « DELTA1, bien compris. C&amp;rsquo;est parti John ! ».     Eglise Sainte-Marie de Lampadouse, le 20.08.1948 à 4h45     Le capitaine MacNeal entrouvrit l&amp;rsquo;un des linteaux de la grande porte et détailla l&amp;rsquo;extérieur. Les alentours paraissaient désertés, bien que plusieurs feux se soient déclarés de part et d&amp;rsquo;autre. De fait, les détonations se localisaient essentiellement sur le port, la côte et les extérieurs de la ville, sans doute en direction de la piste.  Scrutant l&amp;rsquo;obscurité, MacNeal finit par identifier une silhouette mouvante évoluant parmi les ombres et qui cherchait à se rapprocher discrètement du bâtiment où il montait la garde. Visant l&amp;rsquo;homme, il se signala d&amp;rsquo;un court sifflement auquel l&amp;rsquo;inconnu lui répondit de manière mélodieuse.  Garrett, indemne, portait toujours sa combinaison et son battle-dress mais semblait s&amp;rsquo;être séparé de toutes ses grenades.  - « Capitaine, j&amp;rsquo;ai bien cru qu&amp;rsquo;aucun d&amp;rsquo;entre nous ne pourrait jamais raconter cette histoire à ses petits enfants ! Il se passe des évènements très étranges ici. Kowalsky et moi... ».  D&amp;rsquo;une rapide dénégation de la tête, John Mac Neal fit comprendre au seul survivant de son groupe que Kowalsky n&amp;rsquo;était plus.  - « Stevens, lui, a disparu au moment où l&amp;rsquo;on a fait sauter deux batteries de 292 mm sur le chantier de l&amp;rsquo;aéroport. Depuis, je n&amp;rsquo;ai plus de contact. »  Affichant une moue de dégoût en imaginant ses trois amis manquants ou pire, morts, Garrett reprit : - « On évoluait tranquillement à travers les ruelles lorsqu&amp;rsquo;on a compris que quelque chose d&amp;rsquo;important se tramait ici. C&amp;rsquo;est moi qui ai eu l&amp;rsquo;idée de faire sauter un petit dépôt de munitions pour créer une diversion et nous permettre une infiltration plus aisée. » - « et Kowalsky, comment l&amp;rsquo;as-tu perdu ? - « En fait, les Schocktruppen n&amp;rsquo;ont pas réagi comme on l&amp;rsquo;attendait. Je crois que même le déluge ne les aurait pas détourné de leur satanée mission. Kowalsky a voulu tenter le coup quand même et alors que je le couvrais non loin, il a été repéré lorsqu&amp;rsquo;il a voulu regarder ce que contenaient les camions. J&amp;rsquo;ai balancé des fumis mais ce matériel au rabais m&amp;rsquo;a lâché&amp;hellip; »  John MacNeal imagina sans mal la suite et le puzzle finit de se constituer dans son esprit jusqu&amp;rsquo;à ce qu&amp;rsquo;il cherche comment la charge de la cavalerie avait pu être sonnée ! - « Où as-tu trouvé l&amp;rsquo;émetteur qui t&amp;rsquo;as permis de demander au commandement de déchaîner sa foudre sur nos têtes ? ». - « J&amp;rsquo;allais te poser la même question, John&amp;hellip; »  Les deux soldats décidèrent de faire le point sur leur action et montèrent, pour cela, dans le clocher intact. Depuis cette hauteur, MacNeal eut confirmation que l&amp;rsquo;intérieur de la ville était relativement épargné pendant que le port était assailli de toutes parts, ainsi que le nord de la petite agglomération.  Malgré ce déluge, les allemands offraient une résistance désespérée depuis plusieurs sites et le ciel s&amp;rsquo;illuminait de nombreuses explosions. Finissant de peser les différentes options applicables, MacNeal vit se dessiner, dans la nuit, une longue traînée bleue alors qu&amp;rsquo;un chasseur de l&amp;rsquo;Union était atteint par un tir de Panzer, au dessus d&amp;rsquo;eux. Trop gravement endommagé, celui-ci ne tenta même pas de se redresser et s&amp;rsquo;écrasa au-delà des digues dans une gerbe d&amp;rsquo;écume.  Cherchant l&amp;rsquo;origine de ce tir, Garrett lui indiqua une position, à quelques blocs de là, où étaient visibles de brefs éclairs accompagnés de résonances métalliques. La maison concernée était dotée d&amp;rsquo;une cour aux généreuses dimensions, qui semblait bien abriter ce qui ressemblait à une batterie de la Flak.  Descendant rapidement les escaliers, ils se retrouvèrent dehors, à l&amp;rsquo;abri du porche, et entreprirent une progression prudente dans les ruelles où des dangers inconnus risquaient de les attendre. De seuil en contrefort, de porche en muret, les deux commandos finirent par rejoindre un poste de guet à quelques mètres de leur cible.      Via Tortuga &amp;ndash; Lampadosa, le 20.08.1948 à 5h30     Toutes les fenêtres de la bâtisse sans étage avaient été condamnées avec des planches clouées et le faite du mur d&amp;rsquo;enceinte, à l&amp;rsquo;arrière, était ceint d&amp;rsquo;un barbelé clairsemé. De telles précautions semblaient confirmer la fonction particulière de l&amp;rsquo;immeuble.  Une nouvelle salve et le choc mat des fûts d&amp;rsquo;obus tombant sur le pavé de la cour leur donnèrent le dernier détail nécessaire à la mise en oeuvre de leur plan.  - « Garrett, nous devons profiter du grondement produit par les tirs pour approcher ces salauds. Tu vas m&amp;rsquo;aider à me hisser jusqu&amp;rsquo;au sommet de cette petite muraille et de là-haut, je pourrai me repaître de leur vie ! ».  Une nouvelle armada d&amp;rsquo;acier s&amp;rsquo;envola vers le ciel étoilé et MacNeal en profita pour traverser la venelle et se coller au mur, suivi de peu par son binôme. Nouant son arme de poing autour de son poignet valide au moyen d&amp;rsquo;un lacet, pour ne pas la perdre en dépit des man&amp;oelig;uvres qu&amp;rsquo;il allait devoir effectuer, il attendit les préparatifs de la bordée suivante.  - « John, tu es sûr de vouloir tenter çà en solo ? »  En réponse à un geste bref, Garrett se mit en position accroupie et, mobilisant tous ses muscles, propulsa le capitaine vers les hauteurs. MacNeal réussit à agripper de justesse une pierre anguleuse proche du rebord avec sa main libre avant de produire une traction terriblement pénible. Enroulant son autre bras autour du fil barbelé meurtrier, il tenta de se hisser avant d&amp;rsquo;y renoncer, sous la douleur de la lacération.  Reprenant son souffle, plus déterminé que jamais, il banda son corps et s&amp;rsquo;éleva vers les larges cercles de métal sur lesquels il s&amp;rsquo;affala, légèrement protégé par sa combinaison. Sa tentative avortée, ses gesticulations bruyantes attirèrent l&amp;rsquo;attention d&amp;rsquo;un des hommes du Reich qui s&amp;rsquo;activaient autour du canon. Levant la tête, il vit ce spectacle absurde d&amp;rsquo;un homme se débattant dans les circonvolutions du barbelé.  Sans laisser l&amp;rsquo;opportunité au militaire d&amp;rsquo;avertir ses proches, MacNeal arracha son bras aux lames aiguisées et vida son chargeur sur les trois uniformes postés à quelques pas de lui. Déséquilibré par la tension de son geste, MacNeal chuta lourdement sur le pavé et les coffrages de la cour, abandonnant caoutchouc et lambeaux de chairs en haut du mur.  Sonné, il tenta de se rapprocher d&amp;rsquo;un cadavre qui chevauchait une table disposée à proximité. Il focalisa sa vue fuyante dans cette direction et discerna un Luger posé sur le plateau. Commençant à se redresser, il lança sa main gauche, tâtonnante, en direction de la crosse.  - « Halt ! ».  Dans l&amp;rsquo;ombre d&amp;rsquo;une tonnelle située au-delà de l&amp;rsquo;impressionnante artillerie, MacNeal aperçu le brillant d&amp;rsquo;un canon dirigé vers lui. Il leva lentement les mains au-dessus de sa tête et colla le dos au mur. Sans doute rassuré par cette attitude de soumission, l&amp;rsquo;adolescent qui tenait la mitraillette émergea sous le clair de lune.  Notant l&amp;rsquo;incertitude dans le regard de son gardien, MacNeal se jeta sur un des proches tréteaux de la table. Le choc fit basculer l&amp;rsquo;imposante plaque de bois, permettant au capitaine de se recroqueviller derrière. Naïvement surpris par cette action désespérée, réagissant avec retard, le sans grade se mit à mâcher la surface du bouclier de fortune, en tirant de longues rafales en tous sens.  Le tonnerre cessa et seul le cliquetis de la queue de détente, convulsivement remuée, vint occulter ce retour inattendu au silence. MacNeal imaginait l&amp;rsquo;arme, surchauffée, qui avait du s&amp;rsquo;enrayer et décida de s&amp;rsquo;offrir sa dernière chance !  Il se releva et passant toute sa hargne dans son regard lessivé, il se mit à hurler sur le militaire qui était à 3 mètres de là, tout en pointant son .45 vide en direction de son visage. Tétanisé par la peur de mourir, harassé par la fatigue et l&amp;rsquo;insomnie, le jeune homme éclata en sanglots et se laissa choir au sol.  Sans attendre, l&amp;rsquo;américain parcourut en quelques enjambées l&amp;rsquo;espace qui les séparait et se saisissant du col revêche de son vêtement, abattit un uppercut brutal sur sa frêle mâchoire. Le jeune Werther Lipski s&amp;rsquo;affaissa sans bruit sur lui-même.  Le patio avait été redessiné de façon à pouvoir accueillir le canon Panzer et ses servants. Des espaces de repos avaient même été aménagés dans un coin, laissant la maison à la libre disposition des quelques sous-officiers chargés de l&amp;rsquo;encadrement. Mac Neal comptait désormais quatre adversaires mais soupçonnait la présence d&amp;rsquo;autres ennemis à l&amp;rsquo;intérieur.  Il savait qu&amp;rsquo;il disposait de la maîtrise de cet endroit dégagé, mais ignorant tout de la topographie des lieux, il n&amp;rsquo;osait pénétrer plus avant.  - « Garrett ! Garrett ! »  Personne ne lui répondit. Il se défit de son attache et posa le .45 sur une chaise.  Fouillant du regard les divers endroits susceptibles de recéler des équipements intéressants, Mac Neal repéra plusieurs grenades le long d&amp;rsquo;une ceinture déposée au crochet d&amp;rsquo;une patère. Il appréciait la distance à franchir, calculait le temps nécessaire pour retourner à couvert lorsqu&amp;rsquo;il se mit à considérer sa situation.  Il avait essuyé tellement de coups de tabac depuis ces deux derniers jours qu&amp;rsquo;il se sentait incapable de planifier plus avant ses actes. Sa mission, sans doute un fiasco, au vu du nombre de ses camarades tués, avait finalement accéléré l&amp;rsquo;intervention du MSF sur l&amp;rsquo;île et sans doute, il l&amp;rsquo;espérait ardemment, préservé des intérêts plus globaux.  Il n&amp;rsquo;aspirait plus qu&amp;rsquo;à une chose, s&amp;rsquo;asseoir, perdre conscience et attendre qu&amp;rsquo;une main vienne le réveiller, amicale ou hostile, peu lui importait désormais.  Il repensa à l&amp;rsquo;avion abattu, au pilote et à sa famille, aux autres qui étaient morts ou allaient passer de vie à trépas à l&amp;rsquo;occasion de cet assaut et ce faisant, marcha sans précautions particulières vers les grenades. Il les dégoupilla, les fit glisser à l&amp;rsquo;intérieur du long fût de la pièce de la Flak avant de traîner celui qu&amp;rsquo;il venait d&amp;rsquo;assommer jusque dans la première pièce noire de la maison. Il attendit la détonation.  Très indistincte, l&amp;rsquo;explosion tordit le métal et laissa se propager une fumée acre.  Apaisé, John MacNeal fouilla le manteau de son hôte et lui prit l&amp;rsquo;un de ses cigarettes. L&amp;rsquo;allumant, il s&amp;rsquo;abandonna au souvenir de cette danseuse voilée. L&amp;rsquo;avait-elle suivi jusqu&amp;rsquo;ici ?       Pour naviguer dans l'histoire suivez ces liens : - Chapitre 1 - Chapitre 2 - Chapitre 3 - Chapitre 5 - Chapitre 6 </description>
            <author>Tannhauser</author>
            <pubDate>Tue, 30 Oct 2007 11:10:23 +0100</pubDate>
        </item>
        <item>
            <title>Craig Pearson dit &quot;Hot&quot; (2ème partie)</title>
            <link>http://tannhauser-thegame.com/ixm_ixpforces.php?file=article&amp;story_id=37</link>
            <description>Et voici la suite du journal de Craig Pearson...     Journal du première classe Craig Pearson 16-20 Septembre 1950     Le 16 Septembre  Nous sommes revenus de mission, hier soir, dans la nuit. Notre partie de la mission qui consistait à faire exploser le relais c&amp;rsquo;est plutôt bien passé. On a eu aucune résistance car, bizarrement, malgré les signes de présence récente dans la zone (armes chargées, café entrain de chauffer... ), il n&amp;rsquo;y avait personne. M&amp;rsquo;enfin, j&amp;rsquo;allais pas m&amp;rsquo;en plaindre. Donc, une fois la zone sûre, Le Caporal Tala a gaiement sauté par-dessus le tronc qui lui servait de couvert et d&amp;rsquo;un coup de crosse de son arme, elle a cassé le cadenas qui verrouillait la porte. 5 minutes plus tard et quelques kilos d&amp;rsquo;explosif en moins, elle nous a rejoint près des bois et a fait sauter le relais. C&amp;rsquo;était, normalement le signal pour les 2 autres équipes de battre en retraite. Mais, à notre arrivée au camp, on n'a retrouvé que Barry et son équipe. Le Major et les siens n&amp;rsquo;étaient toujours pas là. Le Sergent Barry a alors préparé la suite des opérations. Les objectifs de demain ? Un groupe au Nord Est, là ou le Major était allé, pour aller le récupérer. L&amp;rsquo;autre groupe devrait retourner près des croisements pour gêner les déplacements des troupes adverses. Notre affectation nous sera donnée, cette nuit, à notre réveil sur les coups de 4H.   Le 17 Septembre  Je suis affecté à la récupération du Major et de son escouade. Le Caporal nous a bien préparé pour cette mission. En effet, elle nous a informé de la présence certaine de troupes d&amp;rsquo;élite, ce qui est toujours mauvais signe. Elle indique que de hauts gradés sont dans le coin. De plus, certains d&amp;rsquo;entre eux, porteraient un casque marqué d&amp;rsquo;une bande blanche, marque que l&amp;rsquo;Obscura Korps. L&amp;rsquo;Obscura Korps&amp;hellip; Ce corps d&amp;rsquo;armée du Reich qui possède des créatures étranges, des hommes qui n&amp;rsquo;en sont plus vraiment&amp;hellip; J&amp;rsquo;espère juste que j&amp;rsquo;aurai la chance de ne pas en croiser. On part en mission dans 5minutes